Problématiser l’éducation des réfugiés à la CIES 2017

Par: Tom Tunney, conseiller principal, Programme d’engagement jeunesse et communautaire

Il n’y a pas d’approche universelle en matière d’éducation de qualité, particulièrement dans les contextes de vulnérabilité.

Ce message a été entendu dans le cadre de la Conférence annuelle de la Comparative International Education Society (CIES), en mars dernier. J’y étais avec mes collègues afin de réfléchir, de partager et d’apprendre au sujet de l’éducation dans le contexte des jeunes réfugiés et déplacés.

Actuellement, seulement 50 % des enfants réfugiés ont accès à une éducation primaire ; seulement 25 % des adolescents réfugiés ont accès à une éducation secondaire ; et seulement 1 % des jeunes réfugiés ont accès à une éducation postsecondaire. Et des obstacles supplémentaires empêchent de garantir une éducation de qualité aux filles.

Des stratégies d’éducation innovantes peuvent accroître l’accès à une éducation de qualité pour les jeunes réfugiés et déplacés. J’ai eu le plaisir de présider un groupe de discussion à la CIES sur l’accès à une éducation postsecondaire de qualité pour les jeunes réfugiés, déplacés et récemment réinstallés au cours duquel nous avons exploré plusieurs aspects du problème.

Nadia Abu-Zahra, professeure agrégée à l’École de développement international et mondialisation de l’Université d’Ottawa, s’est penchée sur la question de l’accès et des possibilités offertes par l’éducation à distance. Elle a partagé les principes clés d’une initiative collaborative entre l’Université d’Ottawa et l’Université américaine de Beyrouth qui vise à offrir un certificat d’études de premier cycle en mobilisation communautaire pour les réfugiés et les personnes marginalisées du Liban par l’entremise de méthodologies hybrides et en ligne.

Bryce Loo de World Education Services (WES) a discuté des défis soulevés par l’absence d’évaluation de diplômes vérifiable. Loo a partagé les leçons apprises lors d’un projet pilote au Canada qui visait à combler l’écart entre les qualifications manquantes, et a proposé des méthodes alternatives pour reconnaître les qualifications des réfugiés.

Surmonter les obstacles auxquels les jeunes font face dans l’accès à une éducation supérieure doit être un élément clé du soutien aux réfugiés et aux populations déplacées, mais cet aspect est souvent négligé. La boursière Martha K. Ferede a fait remarquer que l’éducation postsecondaire améliore de façon significative le succès des jeunes réfugiés et déplacés lorsque leur situation change, qu’il s’agisse de rapatriement, d’intégration dans leurs communautés d’accueil ou de réinstallation. Ils en tirent également un sentiment d’espoir essentiel pour l’avenir.

Plusieurs autres ateliers ont permis de partager des apprentissages tirés de différentes initiatives offrant une éducation aux jeunes réfugiés et déplacés. Une leçon commune à tirer de tout cela touchait l’importance de contextualiser chaque initiative par rapport aux conditions spécifiques des communautés où ces initiatives prennent place.

Un autre thème commun qui est ressorti de plusieurs ateliers était l’importance du contrôle, de l’évaluation et de recherches et d’analyses rigoureuses afin de soutenir la prise de décision basée sur des preuves. Les chercheurs et les professionnels peuvent ainsi promouvoir ce qui fonctionne, ce qui ne fonctionne pas, et expliquer pourquoi.

Darius Getanda Isaboke et Timothy Kinoti, qui travaillent à notre programme d’éducation des filles réfugiées du Kenya, ont dirigé un atelier très intéressant sur leurs efforts pour améliorer la qualité des données relatives aux programmes d’éducation. Grâce au suivi de la présence des filles dans des environnements difficiles et changeants, l’EUMC renforce ses programmes d’éducation dans deux camps de réfugiés et les communautés environnantes en comprenant mieux les situations individuelles des élèves.

À propos de la CIES
Chaque année, la Conférence annuelle de la CIES réunit des milliers de chercheurs, d’étudiants, de professionnels et de décideurs politiques afin d’explorer l’éducation comparée et internationale. En mars dernier, la conférence s’est tenue à Atlanta, Géorgie, sur le thème « Problématiser l’(In)égalité ». Noah W. Sobe, président élu de la CIES, a encouragé les participants à remettre en question les idées reçues et à fouiller de nouvelles perspectives sur les inégalités en éducation.

Photo de CIES.