Des décennies de conflits ont pesé lourdement sur la population du Soudan. Bon nombre d’adultes et d’enfants n’ont pas eu l’occasion de fréquenter l’école ni de suivre des programmes de formation. Par conséquent, le taux national d’alphabétisation est l’un des plus bas au monde. Les femmes sont particulièrement touchées. Même si les inscriptions à l’école primaire ont quadruplé depuis la signature de l’Accord de paix global (APG) en 2005, le besoin de salles de classe et d’enseignants formés demeure un énorme défi pour faire refonctionner le système d’éducation. L’EUMC appuie l’intégration des rapatriés au Sud-Soudan en s’efforçant d’améliorer les conditions socio-économiques de la population grâce à l’accès à une meilleure éducation et à une formation professionnelle de base pertinente.
En fonction du succès passé et de l’expertise acquise dans le cadre de programmes semblables au Sri Lanka et en Afghanistan, l’EUMC rassemble des partenaires locaux, des enseignants et des jeunes au Sud-Soudan :
- pour offrir des programmes d’acquisition de nouvelles compétences aux jeunes en vue d’accroître l’emploi, le travail indépendant et l’enseignement de base;
- pour offrir aux enseignants des méthodes officielles d’apprentissage de l’anglais, de sensibilisation à l’égalité des sexes et de formation des enseignants;
- pour augmenter les taux d’alphabétisation chez les femmes.
Par le biais de notre vaste expertise en matière de programmes de formation professionnelle au Sri Lanka et en Afghanistan, nous avons appris que le succès de ce programme exigera :
un ciblage de l’égalité des sexes : L’intégration de stratégies concernant l’égalité des sexes dans nos programmes de formation professionnelle s’est révélée très fructueuse, à la fois en aidant les femmes à trouver de l’emploi et en créant une plus grande acceptabilité des femmes dans la population active;
de solides partenariats : le Sud-Soudan demeure une région instable et constitue une nouvelle zone de travail pour l’EUMC. Par conséquent, nous avons des partenariats avec des ONG établies qui oeuvrent dans le pays depuis un certain nombre d’années. Nous puiserons dans leur expertise pour réagir rapidement à tout défi potentiel en matière de sécurité;
une optimisation des ressources : Avec des ressources limitées dans le pays, l’EUMC s’assure que les ressources disponibles (humaines, financières, etc.) bénéficient à toutes les personnes impliquées. Par exemple, nous optimisons nos ressources pour accroître l’accès à de l’eau dans une collectivité de projet où il y a seulement un puits... Le projet fournit dorénavant un puits supplémentaire dont peut bénéficier toute la collectivité.
Le Sud-Soudan se relève de décennies de guerre civile, dont la plus récente s’est terminée en 2005 avec la signature d’un Accord de paix global (APG) entre le Gouvernement du Soudan et le Mouvement populaire de libération du Soudan. Ce conflit a pesé lourdement sur le Sud-Soudan, provoquant des défis pour la reconstruction d’une nation, y compris un manque d’institutions gouvernementales, d’infrastructures et de ressources humaines et la réintégration des personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays (PDIP) et des réfugiés qui reviennent en grand nombre.
Le Sud-Soudan est mûr pour un grand changement au cours des prochaines années. En janvier 2011, un référendum a eu lieu pour déterminer si le Sud-Soudan allait déclarer son indépendance vis-à-vis du Nord. Les résultats ont donné une majorité écrasante avec 98,3 % en faveur de la séparation d’avec le Nord. En juillet 2011, le Sud-Soudan s’est séparé du Soudan et est devenu le pays le plus récent au monde. Malgré la période référendaire pacifique, la sécurité demeure très préoccupante, avec l’arrivée de nouveaux défis.
Plusieurs des problèmes non résolus qui demeurent en suspens dans le cadre de l’APG concernent trois zones frontalières riches en pétrole. Il faut déterminer si elles appartiennent au Nord ou au Sud, chacune ayant le potentiel de maintenir une insécurité. La sécurité alimentaire dans tout le Sud-Soudan demeure également un sérieux problème, aggravé par les nombreuses personnes rapatriées, l’insécurité qui a perturbé les récoltes et la distribution des vivres, et aussi le coût élevé de la vie et les niveaux élevés d’inflation.
Construire un futur viable par l’éducation et la formation au Soudan (CFVEF) de l'EUMC est financé par l'Agence canadienne de développement international (ACDI)
