Kenya

L’éducation est essentielle dans toute collectivité pour promouvoir l’innovation, le développement économique et social et entretenir l’espoir d’un avenir meilleur. Mais, dans les camps de réfugiés du Kenya où les enfants d’âge scolaire sont avides d’apprendre, le droit à l’éducation s’arrête souvent au niveau primaire et trop d’étudiants sont en concurrence pour les trop rares places disponibles dans les écoles secondaires, sans parler de la rare possibilité de fréquenter l’université ou le collège. L’EUMC œuvre depuis le milieu des années 1980 dans les régions de Dadaab et de Kakuma du Kenya, avec notre principal partenaire Windle Trust Kenya, en vue de résoudre ces problèmes en augmentant le nombre de filles qui fréquentent les écoles secondaires, en améliorant la qualité de l’éducation dans les camps de réfugiés et en fournissant des occasions de poursuivre des études tertiaires au Canada.

Notre impact: 

L’impact des programmes de l’EUMC au Kenya peut être ressenti bien au-delà de ses frontières. En tant que pays d’asile situé dans une région agitée, le Kenya a accueilli au fil des ans de grands nombres de réfugiés provenant d’un éventail de pays fragiles. L’EUMC et nos partenaires ont œuvré à l’intérieur du système d’éducation du Kenya pour améliorer la qualité des études et pour accroître le nombre de filles étudiant à des niveaux supérieurs dans les camps de réfugiés. Grâce à nos programmes, davantage de réfugiées, leurs familles et leurs collectivités comprennent l’importance de l’éducation et accèdent aux quelques débouchés secondaires et tertiaires qui leur sont offerts.

Mais notre programmation a aussi un impact en dehors du Kenya et des camps. Pendant des années, des étudiants réfugiés du sud du Soudan ont étudié au Canada par le biais du Programme d’étudiants réfugiés de l’EUMC. Avec l’obtention de l’indépendance de la République du Sud-Soudan, bon nombre de ces étudiants sont maintenant repartis pour fournir les ressources humaines compétentes nécessaires au sein du gouvernement, de la société civile et dans d’autres secteurs, en vue de contribuer au développement de leur nouveau pays. Comme autres exemples, citons les anciens étudiants somaliens qui travaillent dans leur pays d’origine par l’entremise de Nations Unies et les anciens enfants soldats qui poursuivent maintenant les criminels de guerre devant le Tribunal criminel international d’Arusha pour le Rwanda.

Au Canada, des milliers d’étudiants appuient chaque année notre programmation au Kenya et deviennent donc mieux plus informés, actifs et engagés dans les causes touchant les réfugiés et le développement international. Bon nombre de ces étudiants poursuivent des carrières en développement international auprès du gouvernement, des institutions multilatérales et des organismes de la société civile qui luttent pour une coopération internationale équitable.

Ce que nous apprenons: 

Force des partenariats : Le succès du Programme d’étudiants réfugiés repose sur l’engagement et le dévouement d’un certain nombre de partenaires. Depuis les étudiants canadiens volontaires jusqu’aux institutions universitaires et collégiales et au gouvernement du Canada en passant par Citoyenneté et Immigration Canada, le gouvernement du Québec, le HCR, l’OIM, les partenaires locaux et les donateurs, chaque intervenant est primordial pour réussir la mise en œuvre du programme et la gestion fructueuse de ces partenariats doit donc être une priorité absolue.

À la recherche de l’égalité des genres : De nombreuses raisons culturelles se cachent derrière la disparité des genres au sein des écoles secondaires dans les camps de réfugiés :

  • Les filles sont chargées de la plupart des travaux ménagers. Comme la survie des ménages dépend des tâches ménagères des filles, elles ont préséance sur la fréquentation de l’école. Les tâches ménagères restreignent également le temps dont disposent les filles pour étudier ou pour assister à des cours supplémentaires.
  • La pauvreté oblige souvent les filles à compléter le revenu du ménage en acceptant des emplois ou en restant à la maison pour permettre aux autres membres de la famille de travailler.
  • Mariage précoce : Dès leur puberté, de nombreuses filles sont retirées de l’école pour des raisons de protection en attendant leur mariage. Autrement, si elles sont mariées jeunes, elles quittent l’école pour assumer la charge des travaux ménagers.
  • La pratique de la circoncision des filles déclenche des problèmes de santé et davantage d’absences de l’école.
  • Le manque d’accès à des serviettes hygiéniques et le manque d’intimité dans les écoles signifient que les filles ratent plusieurs jours d’école tous les mois pendant leurs menstruations.
  • La timidité et le statut minoritaire en classe donnent aux filles moins de confiance pour poser des questions en vue de comprendre leurs travaux scolaires.

Faire face à de telles pratiques culturelles peut être difficile mais, grâce à des interventions ciblées auprès des filles, de leurs familles et de leurs collectivités, il est possible de réduire leurs effets. Le programme Mettre en lumière de l’EUMC, qui fournit des lampes solaires pour étudier le soir et des cours de rattrapage aux filles durant les fins de semaines et les vacances, a contribué à réduire les écarts de genre dans les écoles secondaires avec la participation active et consentante de leurs collectivités.

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