Dadaab, Kenya, March 2017. Kuresho MOhammed Class 7 age 16 at her home with her brother. © Lorenzo Moscia #KEEP
Dadaab, Kenya, March 2017. Kuresho MOhammed Class 7 age 16 at her home with her brother. © Lorenzo Moscia #KEEP

Webinaire : Aborder la réponse à la COVID-19 dans les milieux de personnes réfugiées selon une perspective de genre

La COVID-19 est une crise mondiale sans précédent. La pandémie et la crise économique qui l’accompagne ont mis en évidence de profondes inégalités structurelles dans le monde entier, avec des effets disproportionnés sur les femmes et les filles. Ce webinaire, organisé par le laboratoire Women’s Empowerment in Development (WED) de l’Université McGill en partenariat avec Institute for the Study of International Development, explore les enjeux actuels liées à la COVID-19 dans les milieux de personnes réfugiées. Un panel diversifié de spécialistes du monde de la recherche et de la pratique du développement international discute des priorités de recherche et des solutions politiques possibles pour aborder la COVID-19 dans les milieux de personnes réfugiées.   

La réponse de l’EUMC à la COVID-19 pour l’éducation des filles en milieu de personnes réfugiées

Nous avons mené une analyse rapide de genre dans les contextes de personnes réfugiées au Kenya, celle-ci a démontré que la perte des moyens de subsistance est le défi qui préoccupe la plupart des familles, plus que la COVID elle-même.

Plusieurs marchés sont fermés dans les camps de personnes réfugiées de Dadaab et Kakuma, le personnel des organisations humanitaires a perdu son travail, et il y a eu une baisse générale de la demande de services et de marchandises spécialisés. Pour les personnes qui ont continué à travailler, les affaires ont été lentes et les liquidités ont diminué. En outre, plusieurs personnes réfugiées qui dépendaient des envois de fonds des membres de leur famille à l’étranger ne reçoivent plus autant d’argent en raison des effets de la COVID-19 sur l’économie mondiale.

Cette perte de moyens de subsistance a d’autres effets d’entraînement graves, notamment l’insécurité alimentaire et le manque de ressources essentielles qui sont généralement fournies dans les écoles, comme les déjeuners et les serviettes hygiéniques. La pauvreté expose les jeunes femmes à un risque particulier de rapports sexuels transactionnels, de mariages forcés, de grossesses adolescentes et de pratiques d’exploitation du travail des enfants. Les réflexions de la communauté à partir de notre récente programmation radio ont montré l’inquiétude concernant la sécurité des filles et l’importance de poursuivre leur éducation pendant cette période.

Durant le webinaire, Stephanie McBride, conseillère en éducation de l’EUMC, décrit comment l’EUMC se concentre sur quatre domaines clés pour aborder ces risques auxquels les filles sont confrontées :

  • Fournir davantage de transferts en espèces aux filles vulnérables de nos populations cibles afin de réduire les pressions économiques et de décourager les mariages précoces, le travail des enfants et les rapports sexuels transactionnels 
  • Développer de nouvelles émissions de radio pour répondre à des besoins plus urgents, notamment pour susciter des conversations sur la violence domestique et le mariage précoce.
  • Fournir des conseils par téléphone et un soutien par les pairs en petits groupes pour motiver et encourager les filles et les jeunes femmes
  • Fournir du contenu audio et vidéo aux enseignant.e.s pour les aider à soutenir leurs élèves à distance

Lors de l’analyse de genre que nous avons menée, le père d’une élève en classe de 8e à Kakuma nous a dit qu’il trouvait les transferts en espèces très utiles pendant cette période. « Cela aurait pu être pire pour moi, l’argent que j’ai reçu m’a aidé à acheter des articles d’hygiène pour ma fille…. chaque fois que j’ai l’argent, j’en utilise 80 % et j’en économise 20 % en cas d’urgence. Je fais de mon mieux pour l’encourager à lire pendant cette période ».

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