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État des lieux : Innovations numériques et hybrides pour un accès accru à l’éducation postsecondaire des jeunes réfugié-e-s

L’EUMC publie un nouveau rapport sur l’accès accru des jeunes réfugié-e-s à l’éducation postsecondaire dans les pays d’accueil

Par : Stephanie McBride, agente principale de programme, Développement de programme et Projet d’équité en éducation au Kenya (KEEP)

À l’échelle mondiale, seulement 1 % des réfugié-e-s ont accès aux études postsecondaire. Ce nombre est encore plus inquiétant lorsque l’on pense au fait qu’en 2016 nous avons atteint le niveau de déplacements le plus élevé de l’histoire.

L’éducation postsecondaire n’est pas une priorité dans les contextes d’urgence et de déplacements prolongés, mais elle peut transformer la vie des jeunes réfugié-e-s. L’éducation est mobile, que les réfugié-e-s soient réinstallé-e-s, intégré-e-s à leur pays d’accueil, ou rapatrié-e-s dans leur pays d’origine. La réussite scolaire facilite l’accès des jeunes réfugié-e-s à des débouchés économiques, leur permettant de mieux subvenir à leurs besoins et à ceux de leur famille. Les possibilités d’éducation postsecondaire encouragent aussi les réfugié-e-s les plus jeunes à poursuivre leurs études primaires et secondaires. L’éducation postsecondaire donne, en définitive, l’espoir en un avenir meilleur.

Parmi les solutions visant à combler le manque d’accès des réfugié-e-s à l’éducation postsecondaire de qualité se trouve le Programme d’étudiants réfugiés (PÉR) de l’EUMC. Notre PÉR est un modèle unique de partenariat avec les universités, collèges et cégeps, qui associe la réinstallation à l’éducation postsecondaire. Le PÉR transforme la vie des étudiantes et étudiants qui sont placé-e-s dans nos établissements partenaires à travers le Canada. Toutefois, le programme soutient actuellement seulement 130 étudiantes et étudiants par année.

Blu Htoo obtient son diplôme de l’Université Algoma en 2017, après être venu au Canada dans le cadre du PÉR.

Les professionnel-le-s du développement et les établissements d’éducation postsecondaire reconnaissent que de nouveaux partenariats et les nouvelles technologies peuvent faciliter le contact avec les réfugié-e-s là où ils se trouvent et leur offrir des possibilités d’accès à l’éducation postsecondaire. En proposant un complément aux voies d’éducation vers la réinstallation – tel que le PÉR – grâce à des solutions dans les camps qui soient plus nombreuses et de meilleure qualité, nous pouvons accroître les possibilités d’éducation postsecondaire disponibles pour les jeunes réfugié-e-s.

Un nouveau rapport de l’EUMC intitulé État des lieux : Innovations numériques et hybrides pour un accès accru à l’éducation postsecondaire des jeunes réfugié-e-s, présente et explore ces pratiques prometteuses afin de proposer un programme d’action ambitieux permettant d’accroître l’accès à l’éducation postsecondaire pour les jeunes réfugié-e-s dans leurs pays d’accueil.

Voici les 5 thèmes clés qui se sont dégagés de notre rapport : 

1. La connectivité est essentielle. 

Améliorer les infrastructures de communications peut permettre aux réfugié-e-s d’accéder à de l’information sur les possibilités d’éducation disponibles et leur permettre de suivre des cours en ligne.

2. L’apprentissage hybride est un spectre.

Lorsqu’ils ne sont pas accompagnés d’une autre approche, les diplômes offerts par l’entremise de plateformes d’apprentissage en ligne ne permettent pas une bonne transférabilité des crédits. Les approches qui intègrent une supervision concrète et en personne ont généralement plus de succès dans l’amélioration des résultats d’apprentissage.

3. L’éducation a un coût d’opportunité.

L’éducation postsecondaire doit offrir une valeur ajoutée aux étudiantes et étudiants, ainsi que des possibilités d’emploi claires – ou tout autre résultat souhaité – étant donné les nombreux obstacles auxquels les étudiantes et étudiants doivent faire face pour y accéder. Ceci s’applique particulièrement aux jeunes femmes qui font souvent face à des pressions sociales supplémentaire.

4. L’accréditation est un obstacle important.

Les cours les plus accessibles (par exemple, ceux offerts dans la langue locale) ont malheureusement de grandes chances d’aboutir aux accréditations les moins transférables et les moins reconnues internationalement.

5. Un partenariat local assure une meilleure adhésion.

Travailler avec des partenaires locaux qui bénéficient d’une plus grande crédibilité au niveau local assure que les étudiantes et étudiants potentiel-le-s ont accès à l’information concernant les options qui s’offrent à elles/eux.

Pour lire de rapport complet, cliquez ici.

Peu importe la voie qui est finalement offerte aux réfugié-e-s, l’accès à l’éducation postsecondaire peut faire une grande différence. Dans le climat politique actuel de populisme et d’instabilité, il est plus important que jamais de défendre le droit à l’éducation des jeunes femmes et jeunes hommes vulnérables. Le potentiel inexploité de cette génération de jeunes réfugié-e-s a le pouvoir transformer notre communauté mondiale. Avec la détermination, un solide engagement à collaborer et un investissement dans la collecte de preuves et le travail de plaidoyer, nous pouvons continuer à concrétiser cette vision.

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