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Rétrospective: David Turpin pose une réflexion sur l’année écoulée à l’EUMC et son rôle de président du conseil d’administration

Plus tôt en janvier, l’EUMC a tenu sa 71e Assemblée annuelle dans le cadre du Forum international de l’EUMC et du CECI.

Alors qu’il y avait beaucoup à célébrer, c’était aussi le moment de dire au revoir au Dr David Turpin, le président sortant du conseil d’administration de l’EUMC. Recteur de l’Université de l’Alberta, le point de vue et la voix du Dr Turpin ont été grandement appréciés par le réseau de l’EUMC et il a offert à l’EUMC un leadership important au cours des trois dernières années.

Voici l’allocution de départ du Dr Turpin :

Allocution de David Turpin, président du conseil d’administration de l’EUMC

Comme vous le savez, il s’agit de ma dernière assemblée en tant que président. Ce fut un honneur et un privilège d’occuper ce poste et j’aimerais remercier tous les membres du conseil pour leur dévouement et leur soutien.

Un merci tout spécial à notre directeur général, Chris Eaton, et à son équipe : grâce à leurs efforts, l’EUMC continue à accroître ses activités et son leadership en développement international au Canada et à travers le monde. Merci !

J’ai choisi de m’engager auprès de l’EUMC parce que ses objectifs et ses valeurs s’arriment solidement à mes propres convictions sur l’éducation, le rôle des universités dans la société et le potentiel du Canada à faire preuve d’un leadership positif dans le monde.

L’éducation — et les établissements postsecondaires où nous étudions et travaillons — joue un rôle crucial afin d’aider à améliorer la vie d’individus et de communautés. Notre propre expérience nous le démontre, mais nous le voyons aussi à la lumière des résultats d’organisations comme l’EUMC.

Au cours de la dernière année seulement, l’EUMC a réinstallé 126 jeunes réfugié-e-s par l’entremise de son programme phare, le Programme d’étudiants réfugiés. Nous travaillons actuellement avec 62 groupes de parrainages — 9 de plus qu’il y a deux ans.

L’accent que nous mettons sur ce programme est particulièrement important maintenant, alors que nous faisons face à une période de l’histoire de l’humanité où nous voyons un nombre sans précédent de personnes déplacées. Le Haut-commissariat des Nations Unies pour les réfugiés évalue que plus de 65 millions de personnes dans le monde sont en déplacement — plus de 22 millions d’entre elles sont des réfugié-e-s.

Ces chiffres sont décourageants, mais il faut s’attaquer au problème une personne à la fois — et c’est là que l’EUMC joue un rôle clé. Chaque étudiant-e réfugié-e que nous accueillons fait un pas de plus vers l’atteinte de son plein potentiel. Pas seulement parce que nous leur offrons la chance de terminer les études qu’elles et qu’ils ont dû interrompre, mais parce que nous pouvons aussi leur offrir des choses que plusieurs d’entre nous tiennent pour acquises : un endroit sécuritaire où vivre ; la possibilité de se déplacer dans la ville — rencontrer des amis, prendre un café — sans avoir peur d’être attaqué-e-s ou arrêté-e-s ; le temps et l’espace pour jouer un match de soccer improvisé ou avoir un emploi à temps partiel.

À mon université — University of Alberta — nous avons accueilli 14 réfugié-e-s syrien-ne-s sur le campus au cours des deux dernières années. Quand nous leur posons des questions à propos de leur nouvelle vie au Canada, ce sont de ces choses en apparence anodines dont elles et ils nous parlent. Mais lorsque vous considérez que plusieurs d’entre elles et eux ont été arrêté-e-s et emprisonné-e-s avant de venir au Canada, quitter librement son foyer et aller voir des amis n’a rien d’anodin.

Un d’entre eux a récemment dit à un journaliste que les seuls problèmes qu’il a maintenant sont des problèmes d’étudiant. Et c’est ainsi que ça devrait être pour tout-e étudiant-e.

C’est grâce à des volontaires comme vous — avec votre aide, votre amitié et votre soutien — que les étudiant-e-s réfugié-e-s s’adaptent et s’épanouissent sur nos campus. Grâce à vous, elles et ils commencent à se sentir chez elles et chez eux sur nos campus canadiens et peuvent se concentrer sur des défis scolaires plutôt que sur des problèmes créés par la guerre, les déplacements et le mal du pays.

Et en les aidant à atteindre leur potentiel scolaire, nous les aidons aussi à soutenir leurs familles dans leurs pays ce qui a des effets durables. Vous les aidez à développer les compétences dont elles et ils auront besoin pour bâtir et solidifier leur nouvelle vie au Canada ou rebâtir et renouveler leurs communautés d’origine.

Il s’agit d’un travail essentiel et significatif, et d’autres gouvernements et agences s’en rendent compte.

En novembre, le Haut-commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, Filippo Grandi, a reconnu le leadership de l’EUMC dans le cadre d’un événement qui s’est tenu à Gatineau, au Québec. En partenariat avec nous, le HCR a développé un guide basé sur le cadre de réinstallation, d’éducation et d’intégration des jeunes réfugié-e-s unique à l’EUMC.

Nous continuons à explorer et à élargir les possibilités en partageant le modèle et le cadre avec des partenaires et des agences dans des pays qui sont sur la ligne de front des mouvements de réfugié-e-s tels que le Kenya, la Jordanie et l’Irak.

Le contexte mondial dans lequel nous œuvrons semble devenir de plus en plus instable et fragmenté. Je pense à la division dans la politique américaine qui domine nos nouveaux cycles ou le Brexit ou l’intensification de la polarisation entre la gauche et la droite dans toutes nos communautés. La menace d’une guerre nucléaire est en hausse. Des millions de personnes — comme je l’ai déjà mentionné — sont déplacés de leurs foyers en raison de guerres civiles, de la pauvreté, de désastres naturels, plusieurs de ceux-ci étant causés par les changements climatiques.

Localement et mondialement, il est clair que plusieurs personnes se sentent dépossédées de leur gouvernement, du plein emploi, et les uns des autres. Plusieurs ont peur d’être laissées pour compte. Parfois, nous avons tous l’impression de ne pas être écoutés.

Dans ce climat mondial, la voix, les valeurs et les objectifs de l’EUMC se démarquent de façon frappante. Nous aspirons à créer des espaces où différents groupes de personnes se retrouvent et s’épanouissent. Nous allons vers les gens dont les expériences diffèrent grandement des nôtres et voulons les écouter. Nous aspirons à bâtir des partenariats et à faire un travail qui aide à affranchir les jeunes de nouveau et à les autonomiser afin qu’elles et qu’ils contribuent au changement dont leurs communautés ont besoin pour prospérer.

Je continue à être inspiré par l’EUMC — pas seulement parce qu’elle offre un antidote puissant au ténor actuel de la fragmentation et du conflit —, mais parce que le cours de l’histoire montre qu’un travail comme le nôtre change vraiment le monde pour le mieux.

Comme nous le rappelait le psychologue d’Harvard, Steven Pinker, dans la plupart de ses écrits, sur la base de toutes les mesures importantes, la vie s’est grandement améliorée au cours des deux derniers siècles. Je cite quelques statistiques qu’il a partagées dans le cadre des Munk Debates, il y a un peu plus d’un an.

Il y a 200 ans, 85 % de la population mondiale vivait dans la pauvreté — c’est maintenant à peu près 10 %. C’est d’ailleurs pourquoi l’un des objectifs de développement durable des Nations-Unies est pauvreté « zéro » d’ici 2030.

Il y a aussi 200 ans, 17 % des gens à travers le monde avaient une éducation de basse — nous sommes maintenant à 82 % et ça continue à augmenter.

Il y a 150 ans — alors que le Canada devenait un pays — l’espérance de vie mondiale était d’environ 30 ans ; nous sommes maintenant à 70 ans.

Nous sommes en meilleure santé, plus en sécurité et plus en paix. Les taux de maladie et de crime continuent à descendre et, même si plusieurs continuent à souffrir des guerres civiles, le nombre de personnes tuées dans des conflits armés a chuté de 300 pour 100 000 lors de la Première Guerre mondiale à 1 pour 100 000 aujourd’hui.

Je souligne ces points non pas pour suggérer que l’EUMC peut baisser ses gardes ou que notre travail est fait. Mais pour nous rappeler à toutes et à tous que les efforts de développement international et les organisations comme l’EUMC sont efficaces et importants. Nous atteignons nos buts à long terme. Nous améliorons des vies et bâtissons des communautés plus fortes, plus prospères.

L’EUMC a lancé son Programme d’étudiants réfugiés dans les années 1950. Aujourd’hui, nous gérons le 3e plus important programme de développement international au Canada.

En partenariat avec le CECI, nous sommes engagés dans le plus important programme de coopération international au Canada — Uniterra — qui a formé plus de 20 000 personnes dans 14 pays en 2016-2017. Plusieurs d’entre vous ont d’ailleurs participé au programme Étudiants sans frontières d’Uniterra.

En plus du CECI et du HCR, nous sommes également un partenaire important et précieux d’Affaires mondiales Canada, d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada et d’Emploi et Développement social Canada.

Dans l’avenir, nous devons construire sur nos forces et continuer à réagir aux tendances et besoins mondiaux.

Alors que nous commençons à renouveler et mettre à jour notre cadre stratégique, le conseil a développé un ensemble de questions pour encadrer la discussion : À quel point l’EUMC devrait-elle changer afin de continuer à ajouter de la valeur et à prospérer dans un contexte canadien et mondial qui évolue rapidement ? Quelles approches de programmes devrions-nous adopter ? Devrions-nous positionner l’EUMC en tant qu’organisation canadienne ou mondiale ? Et comment nos choix affecteront-ils l’accent géographique de nos programmes futurs et le statut de l’EUMC en tant qu’organisation de coopération volontaire ?

Le processus de revue stratégique sera un effort collaboratif, collectif. J’encourage tout le monde à contribuer au processus — nous avons besoin d’une grande diversité d’opinions de la part de tous nos membres.

Enfin, j’aimerais conclure mon rapport de présidence comme je l’ai commencé : avec des remerciements.

Merci à nos partenaires internationaux et postsecondaires — ici, au Canada, et à travers le monde — pour votre collaboration dans l’atteinte de buts communs.

Merci à nos ami-e-s et volontaires pour votre générosité en temps, en expertise et en bien d’autres formes de soutien.

Et un merci à tous les membres de l’EUMC — membres institutionnels, membres des Comités locaux et membres généraux. Vous êtes le fondement même de l’EUMC — vos efforts font de cette organisation ce qu’elle est aujourd’hui.

À tou-te-s les étudiant-e-s, je tiens à reconnaître votre leadership sur vos campus et auprès de l’EUMC. Vous êtes des modèles d’ouverture et d’inclusion. Vous contribuez à renforcer la diversité sur vos campus. Vous montrez aux autres ce qui peut être accompli lorsqu’on défend la communication, la compréhension et le service plutôt que ces forces qui nous attirent à l’intérieur de nous.

Lorsque vous serez diplômé-e-s et poursuivrez votre route, apportez les valeurs et la vision de l’EUMC dans vos lieux de travail et vos organisations bénévoles et continuez à y faire preuve de leadership. Continuez à être des citoyennes et des citoyens du monde et aidez les gens qui vous entourent à se souvenir de ce qui est possible lorsqu’on se concentre sur des intérêts communs et partagés.

Et, s’il vous plaît, gardez contact avec l’EUMC toute votre vie. Rapportez-nous votre expertise future et aidez-nous à maintenir cette organisation vivante et adaptée. Aidez-nous à bâtir des partenariats et des relations dans de nouveaux secteurs de la société canadienne et de la communauté internationale. Votre vision fraîche sera essentielle afin d’assurer que l’EUMC continue à réussir pendant les décennies à venir.

 

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