{"id":3433,"date":"2019-03-27T04:00:00","date_gmt":"2019-03-27T09:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wusc.ca\/cultiver-des-partenariats-pour-lautonomisation-des-femmes-au-malawi-le-fonds-pour-le-developpement-pour-les-legumineuses\/"},"modified":"2025-03-03T14:25:46","modified_gmt":"2025-03-03T19:25:46","slug":"cultiver-des-partenariats-pour-lautonomisation-des-femmes-au-malawi-le-fonds-pour-le-developpement-pour-les-legumineuses","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wusc.ca\/fr\/cultiver-des-partenariats-pour-lautonomisation-des-femmes-au-malawi-le-fonds-pour-le-developpement-pour-les-legumineuses\/","title":{"rendered":"Cultiver des partenariats pour l&rsquo;autonomisation des femmes au Malawi : le fonds pour le d\u00e9veloppement pour les l\u00e9gumineuses."},"content":{"rendered":"\n<p>Quels que soient les indicateurs \u00e9conomiques ou sociaux utilis\u00e9s pour classer les pays les plus pauvres \u00e0 travers le monde, le Malawi appara\u00eet syst\u00e9matiquement en haut de la liste. Les perspectives de d\u00e9veloppement de ce petit pays enclav\u00e9 du sud-est de l\u2019Afrique sont incertaines, les d\u00e9fis qu\u2019il doit relever \u2013 notamment sur le plan \u00e9conomique \u2013 sont consid\u00e9rables, et la situation des femmes y est d\u00e9sastreuse.<\/p>\n\n<p>Pourtant, Driana Lwanda continue d\u2019afficher un optimisme franc, et communicatif. Responsable des programmes de l\u2019<em>African Institute of Corporate Citizenship<\/em> (AICC), Driana parle avec enthousiasme des actions men\u00e9es par cette ONG malawite dans son pays. Leur objectif : promouvoir une croissance durable au sein des communaut\u00e9s locales par le biais des affaires et du commerce, notamment gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019implication du secteur priv\u00e9.<\/p>\n\n<p>Invit\u00e9e \u00e0 venir participer \u00e0 la conf\u00e9rence annuelle des organisations internationales de coop\u00e9ration volontaire (IVCO) qui s\u2019est tenue \u00e0 Montr\u00e9al, au Canada, \u00e0 l\u2019automne dernier, Driana raconte volontiers comment, au travers de ses diff\u00e9rents programmes, l\u2019AICC parvient, lentement, mais croit-elle de mani\u00e8re durable, \u00e0 am\u00e9liorer la situation \u00e9conomique des communaut\u00e9s, mais aussi \u00e0 faire \u00e9voluer la condition des femmes, notamment en renfor\u00e7ant leur pouvoir \u00e9conomique. <em>\u00ab Les deux sont intimement li\u00e9s : l\u2019\u00e9conomie du Malawi est \u00e0 80% bas\u00e9e sur l\u2019agriculture, et 70% de l\u2019ensemble de ces revenus provient du travail des femmes \u00bb<\/em> rappelle-t-elle.<\/p>\n\n<p>En 2013, l\u2019AICC a cr\u00e9\u00e9 un Fonds pour le d\u00e9veloppement pour les l\u00e9gumineuses (Legumes Development Trust), l\u2019une des principales cultures produites dans le pays. Agissant comme un organisme de coordination pour l\u2019ensemble des protagonistes op\u00e9rant dans cette fili\u00e8re agricole, le Fonds entend faciliter les partenariats entre les intervenant-e-s tout au long de la cha\u00eene de valeurs des l\u00e9gumineuses.<\/p>\n\n<p>L\u2019objectif est simple: rendre le secteur plus performant et plus rentable, afin de pouvoir augmenter les revenus de chacun-e des protagonistes concern\u00e9-e-s, \u00e0 commencer par ceux des cultivatrices et des cultivateurs. Il vise tout autant l\u2019am\u00e9lioration de la productivit\u00e9 et de la qualit\u00e9 des l\u00e9gumineuses qu\u2019\u00e0 la mise sur pied d\u2019une grille de prix juste et stable.&#13;\n&#13;\n<em>\u00ab Notre force, c\u2019est de travailler avec le secteur priv\u00e9, \u00bb<\/em> explique Driana. <em>\u00ab On fait converger \u00e0 une m\u00eame table les entreprises, le secteur public, les associations et tous les protagonistes de la cha\u00eene de valeur : les petit-e-s productrices-teurs, les commerciales-aux, celles et ceux qui transportent, exportent, transforment, etc. Nous identifions les probl\u00e8mes et essayons d\u2019apporter des solutions en misant sur une plus grande collaboration et coordination entre elles\/eux. Surtout, nous en appelons \u00e0 la responsabilit\u00e9 sociale des entreprises pour qu\u2019elles fassent \u00e9voluer leur fa\u00e7on de faire des affaires avec le secteur public pour mieux b\u00e9n\u00e9ficier aux gens, en particulier aux femmes et aux jeunes, et ainsi aider \u00e0 b\u00e2tir des communaut\u00e9s r\u00e9silientes dans lesquelles s\u2019installe une croissance durable. Aujourd\u2019hui, elles se doivent de contribuer \u00e0 une meilleure distribution de la richesse\u00bb<\/em>.<\/p>\n\n<p>Plusieurs volontaires du programme de coop\u00e9ration internationale Uniterra, conjointement mis en \u0153uvre par le CECI et l\u2019EUMC, ont appuy\u00e9 AICC au fil des ans, en aidant par exemple \u00e0 la mise en place d\u2019ateliers de sensibilisation ou de renforcement de capacit\u00e9, mais aussi en d\u00e9veloppant une plateforme de syst\u00e8me d\u2019information g\u00e9ographique qui a facilit\u00e9 la constitution d\u2019un r\u00e9seau entre les diff\u00e9rents acteurs de la cha\u00eene de valeurs des l\u00e9gumineuses. <em>\u00ab [Cette plateforme] permet par exemple aux acheteuses-eurs de trouver imm\u00e9diatement la mati\u00e8re premi\u00e8re dont ils ont besoin, n\u2019importe o\u00f9 dans le pays \u00bb<\/em>, explique Driana. <em>\u00ab Cela a aussi permis d\u2019augmenter de mani\u00e8re significative le nombre de nos partenaires. C\u2019est un outil tr\u00e8s pr\u00e9cieux ! \u00bb<\/em>.<\/p>\n\n<p>Si l\u2019AICC fournit un appui \u00e0 l\u2019ensemble des membres des communaut\u00e9s concern\u00e9es, nombre de ses interventions ciblent sp\u00e9cifiquement les femmes. Le Fonds pour le d\u00e9veloppement des l\u00e9gumineuses a ainsi permis la mise en relation de cultivatrices avec des entreprises qui leur fournissent des graines ou d\u2019autres qui s\u2019engagent \u00e0 leur acheter un certain volume de leur production. Il a \u00e9galement dispens\u00e9 des formations \u00e0 ces femmes relativement aux bonnes pratiques en mati\u00e8re de cultures agricoles.<\/p>\n\n<p><em>\u00ab Nous avons pris conscience que malgr\u00e9 l\u2019augmentation de la productivit\u00e9, la situation des femmes dans la fili\u00e8re ne changeait pas, pas plus en termes d\u2019implication ou de responsabilit\u00e9 qu\u2019en termes d\u2019autonomisation \u00bb<\/em>, remarque Driana. <em>\u00ab Certes, il y avait sans doute davantage de l\u00e9gumineuses disponibles \u00e0 la maison pour un usage domestique, mais l\u2019argent obtenu par la vente de la production restait entre les mains des hommes, qui traditionnellement s\u2019occupent de la vente \u00bb<\/em>.<\/p>\n\n<p>AICC a alors chang\u00e9 d\u2019approche et encourag\u00e9 les femmes \u00e0 assurer elles-m\u00eames la transformation des l\u00e9gumineuses et la vente des produits ainsi obtenus. Aujourd\u2019hui, elles sont pr\u00e8s de 12 500 \u00e0 se rassembler dans tout le pays pour mettre en commun leur production. <em>\u00ab Il existe plus de 300 groupes au sein desquels ces femmes se rencontrent une fois par semaine et d\u00e9cident ensemble de ce qu\u2019elles vont faire de leurs l\u00e9gumineuses\u00bb<\/em>, raconte non sans fiert\u00e9 Driana, qui offre des formations et de l\u2019encadrement pour renforcer les capacit\u00e9s de ces femmes. <em>\u00ab Par exemple, elles peuvent mettre en commun des arachides, et d\u00e9cider ensemble soit de vendre leur r\u00e9colte telle quelle soit de transformer les arachides pour en faire de l\u2019huile de cuisson ou de la farine, qu\u2019elles vendent ensuite elles-m\u00eames. En mettant en commun le volume qu\u2019elles produisent, en vendant de mani\u00e8re collective, elles ont davantage de force et de poids, et leurs revenus leur permettent d\u00e9sormais de satisfaire les besoins quotidiens de leur famille \u00bb<\/em>.<\/p>\n\n<p>L\u2019autonomisation \u00e9conomique des femmes a eu des r\u00e9percussions directes sur les rapports entre les femmes et les hommes de leurs familles et plus largement au sein de leurs communaut\u00e9s. Driana reconna\u00eet \u00eatre elle-m\u00eame surprise par l\u2019ampleur du changement auquel elle assiste, semaine apr\u00e8s semaine. <em>\u00ab Alors [que les hommes] prennent conscience que les femmes peuvent \u00eatre des partenaires d\u2019affaires \u00e9galement, [leur mode de pens\u00e9e] \u00e9volue et [ils] s\u2019affranchissent de leur vision traditionaliste. Beaucoup les encouragent, certains veulent s\u2019associer avec elles! \u00bb<\/em> raconte dans un sourire Driana, qui pr\u00e9cise que les nombreux ateliers de formation et de sensibilisation destin\u00e9s \u00e0 l\u2019ensemble de la famille traitent d\u2019aspects \u00e9conomiques mais aussi de droits humains. <em>\u00ab \u00c0 partir du moment o\u00f9 la femme ram\u00e8ne de l\u2019argent au foyer, le changement de perspective est assez drastique! \u00bb<\/em> confie-t-elle. <em>\u00ab Et, dans la majeure partie des cas, cela marque aussi la fin des abus \u00bb<\/em>.<\/p>\n\n<p>Port\u00e9 par des r\u00e9sultats aussi r\u00e9jouissants, le Fonds pour le d\u00e9veloppement des l\u00e9gumineuses entend maintenant faire porter ses efforts sur l\u2019entreprenariat des jeunes, mais aussi amener les femmes encore plus loin dans le d\u00e9veloppement de leurs affaires. D\u00e9sormais, la question des exportation vers l\u2019\u00e9tranger se pose. Un projet pilote, dans lequel un volontaire Uniterra est impliqu\u00e9, \u00e9tudie la mise en place d\u2019une plateforme de vente au travers de laquelle les femmes malawites pourraient prochainement exporter leurs productions vers les pays voisins.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Quels que soient les indicateurs \u00e9conomiques ou sociaux utilis\u00e9s pour classer les pays les plus pauvres \u00e0 travers le monde, [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":5,"featured_media":3434,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"inline_featured_image":false,"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[7],"tags":[],"focus-area":[212,220,235],"location":[140],"project":[206],"class_list":["post-3433","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-non-classifiee","focus-area-agriculture-et-ressources-naturelles","focus-area-opportunites-economiques","focus-area-volontariat-international","location-malawi-fr","project-uniterra-fr"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wusc.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3433","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wusc.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wusc.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wusc.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/5"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wusc.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3433"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/wusc.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3433\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wusc.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/3434"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wusc.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3433"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wusc.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3433"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wusc.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3433"},{"taxonomy":"focus-area","embeddable":true,"href":"https:\/\/wusc.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/focus-area?post=3433"},{"taxonomy":"location","embeddable":true,"href":"https:\/\/wusc.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/location?post=3433"},{"taxonomy":"project","embeddable":true,"href":"https:\/\/wusc.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/project?post=3433"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}