Graphic Recording by Lulu Kitolo - Roundtable event, in collaboration with the Global Refugee Youth Network (GRYN), on the State of Play of Refugee Leadership: Young Refugee Leaders in Conversation with Allies
Graphic Recording by Lulu Kitolo - Roundtable event, in collaboration with the Global Refugee Youth Network (GRYN), on the State of Play of Refugee Leadership: Young Refugee Leaders in Conversation with Allies

Agissons maintenant : comment être un allié pour les jeunes réfugiés

Points à retenir du rapport sur la table ronde (Cliquez ici pour lire l’intégralité du rapport).

Il est essentiel d’inclure les personnes qui seront touchées (« Rien pour nous sans nous ») dans l’élaboration de politiques et de programmes qui les concernent. Pendant trop longtemps, les personnes réfugiées ont été mises à l’écart des processus et décisions qui ont des répercussions sur leur vie et leurs communautés. Les choses commencent à changer. Les jeunes leaders réfugiés participent à la recherche, à la mise en œuvre et à la promotion de solutions qui permettent d’autonomiser les personnes réfugiées, d’élaborer des options durables et de favoriser l’autonomie. Le monde commence à comprendre, mais il y a encore des obstacles qui restreignent l’impact et l’influence qu’ont les jeunes leaders réfugiés.

Le 17 novembre dernier, l’EUMC et le Global Refugee Youth Network (GRYN) ont tenu un sommet mondial virtuel intitulé Portrait de la situation du leadership des réfugiés : Discussion entre de jeunes leaders réfugiés et des alliés, qui a rassemblé des jeunes réfugiés et des alliés afin qu’ils échangent sur différentes manières de favoriser l’inclusion, le leadership et l’influence des jeunes réfugiés. Nous vous présentons ci-dessous un résumé du rapport Time to Act: How to be an Ally to Young Refugees (Agissons maintenant : comment être un allié pour les jeunes réfugiés), dans lequel sont mises en lumière les principales mesures que les jeunes réfugiés veulent que les alliés prennent.

  1. Reconnaître l’importance et l’expertise des initiatives menées par des personnes réfugiées

Les jeunes réfugiés veulent que les alliés reconnaissent que leur travail, leur expertise et leurs points de vue sont importants et essentiels. Ces jeunes sont sur le terrain en tout temps, ils ont un intérêt direct dans le succès de leurs communautés et ils sont bien placés pour trouver des solutions locales. Il est temps qu’on commence à voir les personnes réfugiées comme des agentes de changement, plutôt que des bénéficiaires.

  1. Communiquer des renseignements et créer des liens

Les initiatives menées par des personnes réfugiées ont rarement de l’attention à l’extérieur des camps et des contextes locaux. Puisque ces initiatives ne sont pas connues, elles ne sont pas prises en considération pour des occasions comme du financement ou des partenariats. Les alliés sont bien placés pour transmettre des renseignements aux leaders réfugiés au sujet de ce que font d’autres leaders réfugiés dans le monde et des occasions mises à leur disposition.

  1. Offrir du financement aux initiatives et aux programmes menés par des personnes réfugiées

Il y a un manque de financement pour soutenir les programmes menés par des personnes réfugiées. Beaucoup d’organisations communautaires menées par des personnes réfugiées ne sont pas des entités juridiques et font face à des obstacles institutionnels (p. ex. exigences en matière de citoyenneté pour l’enregistrement). Les alliés doivent rendre le financement disponible aux programmes dirigés par des personnes réfugiées à différents niveaux (p. ex. des microsubventions ou des fonds pour les entreprises en expansion) et veiller à la flexibilité des critères d’évaluation des capacités. Les alliés devraient demander aux leaders réfugiés de décrire leurs besoins en matière de soutien (p. ex. de l’équipement, des fournitures, des compétences). Offrir du soutien aux initiatives menées par des personnes réfugiées aide autant les activités que le leadership des personnes réfugiées.

  1. Collaborer avec des personnes réfugiées et des initiatives menées par des personnes réfugiées

Les jeunes réfugiés veulent que les alliés cessent de se limiter à consulter les personnes réfugiées et qu’ils leur offrent plutôt des occasions de partenariat durables. Il est important de créer des outils et des mécanismes flexibles pour assurer des partenariats significatifs avec des leaders et des organismes menés par des personnes réfugiées, et d’inclure des activités de renforcement des capacités pour les alliés et les personnes réfugiées (p. ex. former les personnes réfugiées pour qu’elles améliorent leur leadership, et influencer les alliés et les former pour qu’ils réalisent un travail de lutte contre l’oppression).

  1. Soutenir des réseaux de personnes réfugiées et coordonner les liens entre eux

Les alliés peuvent créer des occasions permanentes de réseautage pour que les jeunes leaders réfugiés puissent échanger les uns avec les autres, discuter de leur expérience et créer des partenariats à l’échelle régionale ou mondiale. Ces occasions doivent comprendre les ressources permettant aux jeunes réfugiés de participer (p. ex. financement pour les déplacements et soutien à la logistique) et devraient donner la possibilité aux jeunes leaders de travailler ensemble sur des actions militantes, des activités et des projets communs. Les réseaux aident à bâtir la confiance, à acquérir de l’expérience et à accroître la visibilité. Ils ont un rôle important à jouer pour influencer les politiques et l’intervention mondiale auprès des personnes réfugiées.

  1. Encourager la participation des leaders réfugiés dans l’élaboration et la prestation des programmes

Même s’ils ne créent pas des partenariats formels avec des organisations menées par des personnes réfugiées, les alliés qui travaillent avec ces personnes doivent créer des méthodes permettant de mobiliser de manière permanente les jeunes leaders réfugiés dans l’élaboration et la prestation de programmes visant les personnes réfugiées. Il est également important d’inclure une diversité de personnes et de points de vue, et de respecter le fait que les solutions et réussites locales d’un contexte ne sont pas nécessairement transférables à un autre contexte. Les alliés doivent s’assurer de mobiliser les jeunes réfugiés dès le début afin de créer des projets conjointement et d’établir des pratiques permettant d’assurer des suivis et de transmettre des renseignements au sujet des résultats et des décisions.

  1. Écouter et amplifier les voix et points de vue des jeunes leaders réfugiés

En ce qui concerne les politiques et les communications publiques, les alliés peuvent travailler avec les jeunes leaders réfugiés pour créer des messages qui amplifient et représentent les besoins des personnes réfugiées. Ils peuvent également communiquer avec diverses communautés de personnes réfugiées et organisations pour écouter et amplifier le message des leaders réfugiés et mettre à profit leur expérience et expertise.

  1. Promouvoir les occasions de renforcement des capacités et d’expérience pratique pour les jeunes réfugiés

Les alliés peuvent appuyer des programmes de formation et de renforcement des capacités qui aident les jeunes réfugiés à acquérir des compétences adaptées au marché du travail et des aptitudes en leadership (p. ex. leadership organisationnel, action militante, recherche, rédaction). Ces programmes devraient comprendre des occasions d’appliquer les apprentissages dans des contextes pratiques (p. ex. volontariat ou collecte de fonds pour lancer des projets de sensibilisation).

  1. Créer de l’espace et transformer les dynamiques de pouvoir

     

Les alliés peuvent travailler dans leurs propres sphères d’influence et institutions pour réorienter les dynamiques de pouvoir et inclure de manière significative les jeunes réfugiés. Ils doivent penser à la manière dont les jeunes réfugiés peuvent faire partie de leurs organisations (p. ex. embaucher des personnes réfugiées) et être intégrés dans les processus de prise de décision et de planification. Les alliés devraient créer des pratiques et structures organisationnelles qui permettent aux jeunes réfugiés de partager leurs perspectives et leurs idées sans danger et librement.

  1. Accorder une attention particulière à l’influence dans la prise de décision

Veiller à ce que le leadership et la participation des personnes réfugiées soient au cœur des conversations et des processus de prise de décision qui les concernent. Les alliés devraient impliquer des leaders réfugiés et partager le pouvoir (p. ex. aider une jeune leader réfugiée à participer à un prochain sommet mondial important et à y prononcer une allocution). Les jeunes réfugiés bénéficient de ces expériences dans des plateformes de discussion et des forums de haut niveau, et aussi à l’échelle locale et nationale où les communautés sont le plus touchées.

  1. Rendre des comptes et s’engager à long terme

Les jeunes réfugiés veulent que les alliés et leurs organisations s’engagent auprès d’eux à long terme. Les alliés peuvent élaborer et communiquer des mesures de responsabilisation (p. ex. objectifs de représentation dans le conseil) et bâtir des relations de confiance permanentes.

Il y a déjà beaucoup de leaders réfugiés et d’initiatives menées par des personnes réfugiées qui répondent aux besoins et aux intérêts des communautés de personnes réfugiées, et qui militent en leur faveur. Il est essentiel de trouver de nouvelles manières de tisser des liens entre les alliés et les jeunes leaders réfugiés afin de veiller à ce que les perspectives des personnes réfugiées aident à définir et à bâtir des programmes et des politiques intelligentes, pratiques et durables.


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