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Comment les femmes entrepreneures adaptent leurs activités à la pandémie de la COVID-19 au Ghana

Par Alyssa McDonald, volontaire en communication AGCEDE Ghana

Les entreprises du monde entier ont ressenti les effets de la pandémie de COVID-19, et le Ghana ne fait pas exception. Pour arrêter la propagation initiale du virus, le gouvernement a imposé des mesures de confinement, a fermé les frontières et les marchés, et les entreprises et les moyens de subsistance ghanéens ont été affectés.

Les micros, petites et moyennes entreprises (MPME) ressentent particulièrement ces impacts, les entreprises devant fermer et faisant face à des pertes de revenus, de demande et de liquidité, ainsi qu’à des pénuries dans la chaîne d’approvisionnement. Représentant plus de 70 % de l’emploi mondial et 50 % du PIB, les MPME restent importantes pour nos économies mondiales et locales et doivent être prioritaires dans les efforts de relance économique.

En Afrique de l’Ouest, 90,2 % des femmes travaillent dans l’économie informelle. Dans des circonstances normales, ces femmes se voient souvent refuser l’accès au travail et aux protections sociales, et les femmes entrepreneures rencontrent également des difficultés pour accéder au capital. Dans le sillage de la pandémie, de nombreuses femmes entrepreneures au Ghana ont lutté pour maintenir leurs entreprises en activité, en particulier dans les zones minières où il n’y a pas assez de désinfectants et d’équipements de protection individuelle (ÉPI) dans leurs communautés.

Georgette Barnes Sakyi-Addo, présidente de Women in Mining Ghana, une organisation qui soutient les femmes dans les zones minières, dit qu’elle voit de ses propres yeux les défis auxquels sont confrontées les petites entreprises et les femmes entrepreneures.

  • Balado disponible en anglais seulement

Malgré les difficultés, les femmes entrepreneures ne baissent pas les bras. Elles montrent leur résilience et leurs compétences entrepreneuriales face au ralentissement économique créé par la pandémie et les fermetures qui en ont découlé.

Les femmes entrepreneures innovent pendant la COVID-19

Depuis 2016, l’EUMC et le CECI travaille avec les communautés vivant dans les zones minières de la région occidentale du Ghana pour aider les MPME — dont la majorité appartient à des femmes — à se développer et à profiter des occasions que le secteur peut offrir. Pour ce faire, nous offrons des formations et un soutien au renforcement des capacités, et nous favorisons les liens entre les membres de la communauté et le gouvernement local ainsi que les entreprises privées.

En continuant à travailler dur, à innover et à diversifier leurs produits, de nombreuses femmes entrepreneures se heurtent à des obstacles et prennent le contrôle de leurs moyens de subsistance. 

L’une de ces femmes est Franscisca Afful, qui avait participé à de multiples sessions de formation sur l’entrepreneuriat et l’égalité des genres, soutenues par l’EUMC avant la pandémie. Ces formations visent à doter les entrepreneur.e.s de compétences techniques et financières en matière de gestion, de diversification et d’exploitation des occasions qui se présentent dans les zones minières.

« Les affaires étaient très bonnes jusqu’à la pandémie mondiale… et cela a vraiment affecté mes affaires et mes ventes. Pendant la formation entrepreneuriale et technique, j’ai appris à fabriquer d’autres produits à partir de chutes ou de restes de mes tissus », explique Franscisca.

« Pendant la période de pandémie, quand j’ai réalisé que nous devions mettre des masques, j’ai fait des échantillons [de masques en utilisant les restes de tissu] et j’ai décidé de les apporter à l’assemblée du district. J’ai pris une mesure audacieuse grâce aux connaissances que j’ai acquises lors de la formation à l’entrepreneuriat sur le réseautage. Ils ont été très impressionnés et m’ont donné un contrat pour la fabrication de 300 masques pour l’assemblée afin qu’ils puissent être distribués aux femmes [entrepreneures] du marché pendant nos jours de marché ».

Franscisca a été une agente active de changement dans sa communauté grâce à son implication dans le groupe de soutien aux femmes Fiaseman Mbaa Yiedie Kuo (FMYK) et à son leadership dans la mise en place de clubs de filles dans les écoles secondaires de la région ouest afin d’autonomiser les écolières. Le Groupe de soutien aux femmes du FMYK, soutenu par l’EUMC, a été créé pour que les femmes de la communauté puissent influencer les autorités afin d’accroître l’autonomisation des femmes, de participer aux activités et aux processus décisionnels et de soutenir les opportunités économiques par l’emploi ou l’entrepreneuriat pour les femmes.

En tant que leader de sa communauté, Franscisca a reconnu le besoin des ÉPI dans sa communauté et a pris le problème à bras le corps en produisant ses propres masques. Elle a également commencé à former d’autres femmes entrepreneures à cette nouvelle compétence afin de diversifier leurs revenus.

Protéger leur communauté grâce à la production d’ÉPI

En ces temps d’incertitude, les femmes travaillent ensemble pour créer des produits de santé et d’hygiène de qualité nécessaires à leurs communautés.

En constatant le manque et le besoin d’ÉPI, Franscisca et d’autres femmes entrepreneures ont demandé à l’EUMC une formation sur la fabrication d’ÉPI et d’autres produits. Les 17 et 18 juin 2020, l’EUMC a soutenu deux sessions de formation pour les femmes entrepreneures — dix à chaque formation pour respecter les protocoles de distanciation physique — du district Est de Wassa et de la municipalité de la vallée de Prestea-Huni. Les participantes ont appris à coudre deux styles différents de masques et à fabriquer des produits de nettoyage, notamment des désinfectants à base d’alcool, du savon liquide, du nettoyant ménager et du désinfectant.

Ces produits très demandés protégeront de nombreuses personnes de la communauté et créeront un revenu pour ces femmes entrepreneures nouvellement formées. Le groupe de femmes a également obtenu un contrat avec l’EUMC pour la fabrication de masques et de produits de nettoyage qui seront donnés aux assemblées de district locales. En outre, l’EUMC s’efforce de favoriser les liens avec le marché pour que les femmes entrepreneures puissent fournir des ÉPI aux institutions privées et gouvernementales locales.

Partager des histoires de résilience pendant la COVID-19

Pour mettre en lumière des histoires comme celles de Georgette et de Franscica pendant la pandémie de COVID-19, nous avons produit un balado sur les questions relatives aux communautés touchées par l’industrie minière. Le premier épisode porte sur les entreprises dirigées par des femmes et leur adaptation à la COVID-19. Grâce à des entrevues virtuelles et des tables rondes, le balado du projet AGCEDEa pu mettre en lumière les femmes entrepreneures, ainsi que la réponse du gouvernement et de la société civile à la pandémie en se concentrant sur les objectifs de gouvernance locale et de durabilité environnementale.  

Le projet AGCEDEvise à briser le cercle vicieux dans lequel les communautés locales, en particulier les femmes et les jeunes, sont exclues des bénéfices des investissements miniers. Par le biais de WAGES, l’EUMC et le Centre d’étude et de coopération internationale (CECI) travaillent dans trois régions du Burkina Faso, du Ghana et de la Guinée touchées par les industries minières. Le projet vise à donner aux communautés locales, et plus particulièrement aux femmes et aux jeunes, les moyens de participer pleinement à la gouvernance locale, aux opportunités économiques et au développement durable de ces régions. Le projet collabore avec les gouvernements locaux et nationaux, certaines sociétés minières, ainsi que des petites et moyennes entreprises et des organisations de la société civile pour atteindre ces objectifs. Affaires mondiales Canada finance la mise en œuvre de AGCEDEde 2016 à 2022.

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