26 février 2026

Du camp de personnes réfugiées à infirmière autorisée : le parcours de Deko

Deko ne se souvient pas avoir eu de place pour les rêves ou les objectifs lorsqu’elle était enfant. Dans le camp de personnes réfugiées de Dadaab au Kenya, la survie et la sécurité étaient primordiales. Sa famille avait fui la Somalie alors qu’elle était très petite pour échapper à la guerre et, comme plus de 400 000 autres personnes dans le camp, la survie avait la priorité sur les aspirations.

« Quand vous êtes une personne réfugiée, vous n’avez aucun statut », explique Deko. « Vous ne pouvez pas voyager, vous ne pouvez vraiment pas partir. Alors, quel genre de rêves pouvez-vous avoir ? Et en tant que fille, mes options étaient encore plus limitées.

Tout a changé en secondaire lorsqu’elle a entendu parler du Programme d’étudiantes et d’étudiants réfugiés de l’EUMC, l’une des rares voies permettant aux jeunes personnes réfugiées de quitter le camp et de prendre un nouveau départ. Deko s’est lancée dans ses études, déterminée à obtenir un diplôme.

Franchir le pas

Lorsque Deko a appris qu’elle avait été acceptée, elle était ravie. Ses parents, bien qu’initialement réticents à l’idée qu’une jeune femme quitte la maison, ont compris la réalité : il n’y avait pas d’avenir pour elle à Dadaab et ils ne pouvaient pas payer les frais d’université. C’était sa chance.

Deko déclare : « Les personnes comme nous qui sont obligées de quitter leur foyer ne recherchent pas seulement la sécurité ; nous avons besoin de la possibilité de changer notre vie en utilisant nos talents et notre travail acharné. »

Deko est arrivée à l’aéroport de Toronto nerveuse et excitée, n’ayant jamais passé de temps loin de sa famille ou de sa culture. Mais lorsqu’elle a été accueillie par des membres du Comité local de l’EUMC à l’Université York, au sourire accueillant et tenant une pancarte portant son nom, elle a ressenti la chaleur de leur accueil. « Ils ont pris soin de moi et m’ont accueillie dans une nouvelle vie », se souvient-elle.

Se souvenir des actes de bonté

Cette première année fut difficile, mais elle était déterminée à réussir. Séparée de tous ceux qui la connaissaient et l’aimaient, Deko comptait beaucoup sur le comité local de l’EUMC. Les membres du comité l’appelaient régulièrement pour vérifier son bien-être, lui demandaient si elle mangeait et l’aidaient à suivre ses cours. Leur soutien est devenu sa bouée de sauvetage.

Un petit moment, mais significatif, se démarque : lorsque Deko s’est perdue et ne savait pas comment utiliser Google Maps, un outil qui lui était complètement inconnu à l’époque, un membre du comité local a repéré sa confusion et lui a patiemment appris à le faire. Cet acte de gentillesse a laissé une impression durable.

Aujourd’hui, des années plus tard, ce même esprit de soutien anime son travail volontaire auprès du comité local. Elle accompagne les étudiantes et les étudiants réfugiés nouvellement arrivés en leur transmettant des compétences pratiques qui lui semblaient autrefois impossibles à maîtriser, renforçant ainsi leur confiance. « Je veux que chaque étudiante et chaque étudiant réfugié qui arrive au Canada sache qu’elle ou il est valorisé et accueilli », dit-elle.

Trouver sa vocation

Le parcours de Deko vers les soins infirmiers n’est pas une coïncidence. Ayant grandi à Dadaab, elle a été témoin des conséquences dévastatrices de soins médicaux inadéquats. Sa mère avait treize enfants et elle a été témoin de la mort de femmes et d’enfants à cause de maladies facilement évitables au Canada. Ces expériences ont façonné ses ambitions.

Cette année, Deko a réalisé ce qui semblait autrefois impossible : elle a obtenu un baccalauréat en sciences infirmières de l’Université York et est maintenant infirmière autorisée. L’impact de son travail est devenu réel lorsqu’un patient âgé dont elle s’occupait a récemment déclaré : « Chaque fois que je vous vois, je me sens mieux. »

« Cela signifie beaucoup pour moi de pouvoir prendre soin des gens et de faire une différence dans leur vie », déclare Deko. « C’était un sentiment tellement agréable de savoir que ce que je fais compte. »

Effets d’entraînement

L’impact du soutien apporté à Deko dépasse largement sa réussite personnelle. En tant que professionnelle de la santé au service de sa communauté, elle encadre lles étudiantes et les étudiants réfugiés nouvellement arrivés sur son campus, partageant les connaissances et la résilience qu’elle a acquises au cours de son propre parcours. Son succès offre de l’espoir à ses frères et sœurs ainsi qu’à ses amies et amis restés au pays, en leur montrant ce qui est possible.

Cependant, son histoire met également en évidence une dure réalité : pour chaque étudiante ou étuidiant comme Deko qui reçoit cette opportunité, beaucoup d’autres poursuivent leurs études sans savoir où çales mènera. Ses frères et sœurs espèrent bénéficier d’un placement dans le cadre du Programme d’étudiantes et d’étudiants réfugiés. Sans un tel soutien, ils et elles risquent d’être confrontées aux mêmes choix limités qu’elle a dû affronter autrefois.

Deko a un message sincère pour ceux et celles qui rendent son voyage possible : « J’aimerais que vous puissiez voir à quel point il est valorisant pour les personnes qui ont dû grandir dans un camp de personnes réfugiées de se faire dire : ‘vous avez du potentiel, nous croyons en vous!’ »

Le travail de l’EUMC démontre que soutenir une étudiante ou un étudiant crée des retombées positives durables. L’étudiante ou l’étudiant appuyé aujourd’hui devient la mentore ou le mentor, la professionnelle ou le professionnel de la santé, ou encore une ambassadrice ou un ambassadeur auprès d’autres personnes confrontées à des réalités similaires. Grâce à votre soutien continu, l’EUMC peut atteindre davantage de jeunes personnes déplacées par les conflits et les circonstances, les aidant à libérer leur plein potentiel grâce à l’éducation et aux opportunités.

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