Vers un meilleur accès à un travail digne pour les personnes réfugiées : un regard en coulisse sur le processus de la Reconnaissance des acquis au Kenya
Grâce à l’emploi, au volontariat, à la formation ou aux rencontres personnelles, de nombreuses personnes, y compris les personnes réfugiées et personnes déplacées internes, possèdent des compétences et des expériences diverses qui les préparent à un travail digne. Cependant, le manque de documents officiels peut les empêcher d’accéder à ces opportunités d’emploi.
En réponse, le cadre stratégique de la Reconnaissance des acquis (RPL), dévoilé à Nairobi en 2024, propose une approche inclusive en reconnaissant les compétences des personnes vivant au Kenya qui disposent de savoir-faire mais n’ont pas de certificat officiel.
Selon une étude (en anglais) de la Banque mondiale, les politiques de la RPL réussissent à accroître les chances de trouver du travail par le biais des canaux officiels de recherche d’emploi et au sein de grandes entreprises privées, facilitant ainsi l’intégration professionnelle des personnes au chômage ou sous-employées. De plus, les personnes participantes expriment une opinion « très positive » de la RPL.
Les personnes réfugiées vivant dans le camp de Kakuma et dans le centre intégré de Kalobeyei ont participé à la RPL à travers le projet DREEM, une initiative de l’EUMC en partenariat avec la Fondation Mastercard et d’autres partenaires.
Le processus a mobilisé 400 participants et participantes qui ont appris que, même s’ils et elles n’avaient pas de documents officiels – en raison de leur parcours migratoire ou de l’acquisition informelle de compétences –, ils et elles pourraient être admissibles à une certification dans le cadre de la nouvelle politique RPL au Kenya.
Pour les personnes qui souhaitent obtenir une certification, la première étape consiste à créer un portfolios de preuves, qui peut comprendre des exemples de travaux réalisés (photos, vidéos), des certificats ou de témoignages. Par exemple, une personne réfugiée travaillant comme plombière ou plombier peut rassembler un portfolio qui comprend des photos de ses projets terminés, un témoignage de clients satisfaits ou un certificat d’un cours de plomberie qu’il et elle aurait reçu dans son pays d’origine.
Un fois le dossier soumis, une personne évaluatrice de la RPL aide la candidate ou le candidat à élaborer son portfolio et donne son approbation pour une évaluation. Celle-ci est conduite par un jury de trois spécialistes – une professionnelle ou un professionnel du secteur, une formatrice ou un formateur spécialisé ainsi qu’une experte ou un expert de la RPL– qui évaluent ses compétences au moyen d’examens théoriques et pratiques.
Lorsque la candidate ou le candidat démontre avec succès ses compétences dans le domaine choisi, le jury recommande sa réussite et l’obtention d’un certificat de RPL.
Les photos ci-dessous illustrent le processus d’évaluation de la RPL mené au camp de Kakuma et dans le centre intégré de Kalobeyei, au Kenya. Ce processus a permis à 28 personnes d’obtenir un certificat. Elles sont désormais bien placées pour accéder à de nouvelles possibilités, y compris un travail digne.

Stella Khaemba, formatrice de Kitale National Polytechnic, évalue les certificats soumis par des personnes réfugiées du camp de Kakuma et du centre intégré de Kalobeyei dans le cadre d’un dossier de preuves à prendre en considération pour l’évaluation de la RPL.

Nania Anur Anar, réfugiée du camp de Kakuma, effectue des travaux de plomberie sur un système d’évier dans le cadre de son évaluation pratique.

De gauche à droite : Kaka Kandura Haroun et Matio Kiir Kon travaillent sur des tableaux électriques pour leur évaluation pratique de la RPL.

Frederick Simiyu, un formateur en électricité de la Kitale National Polytechnic, évalue la candidature de Kaka Kandura Haroun dans le cadre de la RPL.

Une formatrice en couture et confection de vêtements de la Kitale National Polytechnic sourit en encadrant un réfugié qui coud un vêtement pour son évaluation RPL.