28 avril 2026

Un nouveau modèle pour l’inclusion des personnes réfugiées : cinq ans d’impact avec la Fondation Mastercard

De 2020 à 2025, l’EUMC a collaboré avec la Fondation Mastercard dans le cadre du projet DREEM afin de favoriser l’inclusion des jeunes personnes déplacées dans l’enseignement supérieur et sur le marché du travail.

Ensemble, nous sommes allés au-delà de la simple mise en place de programmes : nous avons contribué à élaborer un nouveau modèle d’inclusion. Un modèle qui privilégie la direction des personnes réfugiées, renforce les institutions et favorise l’accès aux opportunités à grande échelle.

En collaborant avec les gouvernements, les établissements d’enseignement supérieur, le secteur privé et les organisations dirigées par des personnes réfugiées (ODR), ce partenariat a permis de lever les obstacles à l’éducation et aux opportunités économiques et a ouvert la voie à une transformation durable.

Soutenir les entrepreneuses et entrepreneurs réfugiés

1 563 opportunités d’emploi créées pour les jeunes personnes grâce au Fonds d’innovation DREEM

L’inclusion économique commence par l’accès aux opportunités et l’investissement dans les innovations menées par les personnes réfugiées.

Grâce au Fonds d’innovation DREEM, développé en partenariat avec la Fondation Mastercard, nous avons soutenu 258 entreprises dirigées par des personnes réfugiées et des membres de communautés d’accueil au Kenya — dont 56 % de femmes.

Les résultats sont significatifs :

  • 1 563 opportunités d’emploi créées pour les jeunes personnes
  • 100 % des micro-entreprises soutenues ont vu leur chiffre d’affaires augmenter
  • 95 % des petites entreprises ont pu améliorer leurs opérations

Le soutien des entreprises dirigées par des personnes réfugiées favorise le développement de solutions ancrées dans les communautés et contribue à une croissance économique inclusive, bénéfique pour tous.

L’innovation au service de la sécurité alimentaire

Fabiola améliore la nutrition dans le camp de personnes réfugiées de Kakuma grâce à son entreprise alimentaire, qui produit des farines enrichies pour les enfants et les adultes.

Grâce au soutien du fonds d’innovation, elle a pu se procurer les matières premières nécessaires pour augmenter la production :

« Ce soutien m’a permis de développer mon entreprise. Avec les bénéfices, j’ai acheté une machine à moudre, emménagé dans un espace de production plus grand et sécurisé les lieux. Aujourd’hui, je peux répondre à la demande de façon régulière », témoigne Fabiola.

Le parcours de Fabiola montre ce qui est possible lorsque les entrepreneuses et entrepreneurs réfugiés ont accès aux ressources nécessaires pour réussir.

Fabiola est une entrepreneureuse qui a recu le soutien du fonds d’innovation DREEM.

Un meilleur accès à l’éducation

5 000 jeunes personnes soutenues

L’accès à l’enseignement supérieur commence par l’accès à l’information.

Grâce à plus de 20 visites de sensibilisation dans des communautés de personnes réfugiées à travers l’Afrique, nous avons mis plus de 5 000 jeunes personnes réfugiées et déplacées directement en contact avec des universités du programme de bourses de la Fondation Mastercard, en leur fournissant des conseils en temps réel et un appui dans leurs démarches de candidature.

Cette approche comble les lacunes importantes en matière d’information sur les possibilités de bourses dans les communautés de personnes réfugiées et permet à des jeunes personnes talentueuses, auparavant exclues, d’y accéder.

Dans le même temps, elle transforme les institutions. Les universités comprennent mieux les obstacles que les jeunes personnes réfugiées doivent surmonter et prennent des mesures pour y répondre.

Ces actions de sensibilisation ont contribué à des réformes systémiques dans 24 universités à travers le monde, notamment :This has contributed to systemic reforms across 24 universities globally, including:

  • L’exonération des frais de candidature
  • La dérogation à la limite d’âge pour l’accès au cycles supérieurs
  • Le soutien psychosocial et les mesures d’adaptation personnalisées

Aujourd’hui, des établissements comme l’université de Pretoria sont des champions de l’inclusion. 22 boursiers de la Fondation Mastercard issus de communautés de personnes réfugiées et déplacées y étudient actuellement, démontrant que le changement systémique ouvre la voie à de nouvelles opportunités.

Un parcours vers l’enseignement supérieur guidé par les pairs

Le projet pilote « University Now »

Lancé en 2024, le projet pilote « University Now » a facilité l’accès aux opportunités de bourses directement dans les communautés de personnes réfugiées, tout en plaçant les jeunes personnes au cœur de l’approche.

Conçu en collaboration avec cinq ODR au Kenya, ce projet pilote a formé 25 jeunes personnes déplacées comme conseillers et conseillères auprès de leur pairs. Ils et elles accompagnent d’autres jeunes personnes dans leurs démarches de candidature au programme de bourses de la Fondation Mastercard.

L’impact :

  • 4 370 jeunes personnes touchées grâce à 73 événements communautaires
  • 11 universités participantes
  • 33 nouveaux partenariats établis
  • 243 étudiants ont bénéficié d’un soutien direct dans leurs démarches de candidature
  • 17 étudiantes et étudiants ont obtenu une bourse

Au-delà des chiffres, ce modèle redistribue le pouvoir. Les universités collaborent directement avec les ODR, tandis que les jeunes personnes développent les compétences, l’expérience et la confiance nécessaires pour saisir des opportunités d’éducation et d’emploi.

« Nous n’avions aucune idée de l’existence de ces bourses avant aujourd’hui. Maintenant, je peux aussi en informer mes amis et mes voisins dans le camp. » Étudiant à l’École secondaire de Gedi.

Fort de son succès, ce modèle est en cours de déploiement à plus grande échelle au Kenya et au-delà.

L’investissement dans des initiatives conçues par des personnes réfugiées

En partenariat avec 23 ODR dans six pays

Partout en Afrique, les organisations dirigées par des personnes réfugiées développent des solutions innovantes et ancrées localement pour répondre à des défis complexes.

Dans le cadre de DREEM, nous avons établi des partenariats avec 23 ODR dans six pays – le Malawi, l’Afrique du Sud, le Soudan du Sud, le Kenya, le Zimbabwe et l’Ouganda – auxquelles nous avons apporté un appui financier, du mentorat et un soutien au renforcement des capacités. Ensemble, nous avons conçu et mis en œuvre des initiatives qui facilitent la transition entre la formation professionnelle et l’emploi formel pour les jeunes personnes.

Au Malawi, le projet pilote « Accelerating Transition to Employment for Refugee Youth » (ArTERY) a collaboré avec cinq ODR du camp de personnes réfugiées de Dzaleka pour développer l’entrepreneuriat, le mentorat et les possibilités de travail autonome dans le secteur numérique :

  • 57 jeunes personnes ont accédé à des opportunités économiques
  • Leurs entreprises ont créé 72 emplois supplémentaires

Ces résultats confirment une réalité fondamentale : les ODR sont les mieux placées pour concevoir et mettre en œuvre des solutions durables. L’ investissement dans ces organisations favorise les innovations menées par des personnes réfugiées, ce qui contribue à une croissance économique durable et à la création d’emplois.

Le leadership des jeunes personnes réfugiées au coeur de l’action

DREEM place le leadership des jeunes personnes au cœur de son approche. Elles ne se contentent pas de participer : elles sont de véritables partenaires.

Le Comité consultatif jeunesse, composé de jeunes leaders dynamiques ayant une expérience vécue du déplacement, a joué un rôle central dans l’élaboration du projet et a alimenté les discussions internationales.

Notamment, le Comité a joué un rôle déterminant dans l’élaboration de la stratégie de la Fondation Mastercard en faveur des personnes réfugiées et déplacées, permettant ainsi de prendre en compte la voix des jeunes personnes aux plus hauts niveaux décisionnels. Cette stratégie vise à favoriser l’accès de 30 millions de jeunes personnes, dont 2,5 millions de personnes réfugiées et déplacées, à un travail digne et épanouissant d’ici 2030.

Le leadership du Conseil contribue à une transformation à plus grande échelle : des organisations partenaires ont aussi adopté des modèles de gouvernance portés par les jeunes personnes dans leurs propres initiatives.

Les membres du Comité consultatif jeunesse au Africa Forum on Displacement à Accra, Ghana.

Les membres du Comité consultatif jeunesse à un atelier organizé avec la Fondation Mastercard à Mombasa, Kenya.

Le parcours d’Emmanuel au service du changement

Pour Emmanuel Shyaka, un réfugié originaire de la République démocratique du Congo qui vit maintenant au Zimbabwe, rejoindre le Comité consultatif jeunesse a été une expérience transformatrice.

Emmanuel est éducateur et fondateur de TWEENS, une ODR locale qui offre des programmes d’éducation et de mentorat aux jeunes personnes. Il a porté son expérience en éducation des personnes réfugiées à l’échelle mondiale.

« J’ai appris à me considérer non seulement comme une personne réfugiée, mais aussi comme un leader et un partenaire dans la conception de solutions pour ma communauté », explique Emmanuel.

Sa participation au Comité a permis à Emmanuel de développer ses compétences en matière de leadership, en plaidoyer et en conception de programmes. Aujourd’hui, il aide les jeunes personnes du camp de personnes réfugiées de Tongogara à accéder à des opportunités d’emploi en ligne grâce à une initiative de formation aux compétences numériques.

Emmanuel ne se contente pas d’être un acteur du changement : il outille d’autres personnes pour qu’elles fassent de même.

« Ce parcours m’a prouvé que lorsque les jeunes personnes réfugiées sont considérées comme des partenaires et non comme de simples bénéficiaires, elles ne se contentent pas de participer au changement : elles le mènent », témoigne Emmanuel.

Emmanuel a été un membre du Comité consultatif jeunesse de DREEM.

Une vision commune pour l’avenir

Ce partenariat a montré ce qu’il est possible d’accomplir lorsque nous travaillons avec les jeunes personnes réfugiées et déplacées en tant que leaders, innovateurs et acteurs du changement. À l’aube de DREEM 2.0, nous nous appuyons sur cette dynamique et visons plus haut encore:

  • 1 million de jeunes personnes ayant accès à un travail digne et épanouissant
  • 35 000 jeunes personnes déplacées poursuivant des études supérieures
  • Des partenariats approfondis avec plus de 60 ODR à travers l’Afrique

Nous sommes fiers de ce que nous avons accompli ensemble, et prêts à aller de l’avant avec un nouvel élan.

En collaboration avec la Fondation Mastercard, nous contribuons à bâtir un avenir où les déplacements ne sont plus un obstacle à l’éducation, aux opportunités ou au leadership, et où les jeunes personnes ont le pouvoir de prendre leur avenir en main.

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