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Comment les employeurs et les centres de formation peuvent relever ensemble les défis de la COVID-19

L’Organisation internationale du travail (OIT) estime qu’il y a plus de 64 millions de jeunes au chômage dans le monde, et que 145 millions de jeunes supplémentaires travaillent, mais vivent dans la pauvreté.

De nombreux secteurs dans de nombreux pays, notamment les soins de santé, la construction et les technologies automobiles, connaissent une croissance rapide, créant ainsi de nouvelles opportunités d’emploi passionnantes. Malgré ces opportunités, les jeunes se heurtent à de nombreux obstacles pour acquérir les compétences et l’expérience requises pour être embauché.e.s.  

Donner aux employeurs une plateforme pour s’engager dans le réaménagement des opportunités de formation pertinentes

L’un des principaux obstacles est la pertinence des programmes de formation offerts aux jeunes. Comme les différentes industries évoluent rapidement pour répondre aux besoins changeants de leur clientèle et à l’évolution du monde technologique, les écoles ont souvent du mal à adapter leurs programmes de formation pour doter les étudiant.e.s des compétences techniques et humaines que les employeurs attendent.

La participation de ces employeurs au réaménagement des programmes et des prestations de formation est essentielle pour développer de nouvelles opportunités qui répondent plus adéquatement aux besoins des étudiant.e.s, des centres de formation et des entreprises en croissance.

L’engagement des employeurs au Sri Lanka a aidé les étudiant.e.s à améliorer leur réussite professionnelle de 22 %

De 2014 à 2019, l’EUMC a travaillé avec des partenaires de formation au Sri Lanka pour inciter les employeurs à élaborer de nouveaux programmes et approches de formation dans des secteurs en croissance. Les méthodes utilisées comprenaient la création de forums d’intervenant.e.s du monde des affaires où les dirigeant.e.s de l’industrie pouvaient se réunir pour discuter des besoins, des défis et des possibilités d’emploi à l’échelle du secteur. Les employeurs ont également participé au réaménagement des programmes d’études afin de s’assurer que le matériel de formation permettait aux étudiant.e.s d’acquérir les compétences dont les employeurs ont besoin. L’une de nos initiatives les plus réussies a été la formalisation des relations entre les employeurs et les centres de formation, qui engageaient les employeurs à embaucher les diplômé.e.s du programme. 

Grâce à ce remaniement de notre programme de formation professionnelle, nous avons vu 403 employeurs combler 4 081 postes vacants, dont un tiers l’ont été par des jeunes femmes. Dans l’ensemble, 90 % des diplômé.e.s ont trouvé un emploi à l’issue de leur formation. Cela représente une amélioration de 22 % par rapport à notre précédente phase du programme, plus axée sur l’offre, qui s’était achevée en 2014.

Sur la base des preuves prometteuses de notre travail au Sri Lanka, l’EUMC a mis en place des programmes similaires avec des partenaires en Jordanie et en Irak. Mais la fermeture récente des centres de formation dans le monde entier a menacé de freiner et même d’inverser les progrès réalisés par nos partenaires.

La situation actuelle à laquelle sont confrontés les étudiant.e.s et les centres de formation pour s’adapter à la COVID-19

Au cours des deux dernières années, nous avons travaillé avec des employeurs et des centres de formation en Jordanie et en Irak pour établir des relations productives et de confiance, ainsi qu’entre ces centres et les communautés qu’ils desservent.

Bien que nous ayons été satisfait.e.s de la participation active des employeurs au réaménagement des programmes de formation, et du nombre d’étudiant.e.s qui se sont inscrit.e.s, nous savons que nous devons continuer à accumuler les preuves de l’impact de cette approche pour assurer sa durabilité et reconstruire la réputation des centres de formation comme voies d’accès viables à l’emploi pour les jeunes, et comme fournisseurs crédibles d’employé.e.s de qualité.

Lorsque la pandémie a frappé, 14 étudiant.e.s étaient activement inscrit.e.s au programme en Jordanie, et une nouvelle cohorte de 44 étudiant.e.s devrait commencer dans les semaines à venir. En Irak, nous venions à peine de commencer avec la première cohorte de 300 étudiant.e.s.

Nos partenaires savaient qu’elles/ils devaient s’adapter rapidement pour que les étudiant.e.s puissent poursuivre leurs études. Dans le cas contraire, de nombreuses familles et de nombreux employeurs seraient perdants dans leur investissement dans la formation, ce qui risquerait de nuire encore plus aux relations entre les centres de formation, les employeurs et les communautés — l’exact opposé de ce que nous essayons de réaliser !

Nous aidons nos partenaires de formation et leurs étudiant.e.s à passer à une méthodologie de formation en ligne afin d’aider les étudiant.e.s à poursuivre leurs études pendant cette période. Jusqu’à présent, les 14 étudiant.e.s de la première cohorte jordanienne à passer à l’apprentissage en ligne ont pu terminer leur programme de formation malgré le fait que leur pays soit en confinement.

Bien que cette approche ait eu plusieurs avantages, notamment la suppression de certains des obstacles existants à la formation, tels que les transports peu sûrs et les services de garde d’enfants inabordables, elle n’a pas été sans difficultés.

Garantir l’engagement des employeurs pendant le passage à la formation en ligne

Un défi important est la difficulté de s’assurer que les employeurs restent engagés dans ces initiatives alors qu’ils font la transition en ligne. Nous travaillons avec nos partenaires pour identifier et tester des moyens innovants de continuer à développer les relations entre les employeurs, les centres de formation et les étudiant.e.s. Voici quelques-unes des grandes idées que nous avons développées avec nos partenaires et que nous explorons maintenant avec les employeurs :

Observer directement les formations

En déplaçant le programme de formation en ligne, les employeurs peuvent avoir accès à la plateforme sur laquelle ils peuvent observer activement la classe. Cela peut non seulement renforcer leur confiance dans la capacité des prestataires de formation, mais aussi leur donner l’occasion de réfléchir aux moyens d’améliorer encore les programmes de formation.

Partager leurs expériences en tant que conférencière.er.s invité.e.s

Les plateformes de voyage en ligne peuvent également réduire la charge de travail des employeurs qui participent en tant que conférencière.er.s invité.e.s. D’un simple clic, elles/ils peuvent se rendre dans une classe afin de fournir des conseils directs aux étudiant.e.s sur les compétences qu’elles/ils recherchent et les étudiant.e.s peuvent avoir un accès unique à des expert.e.s de l’industrie auxquel.le.s elles/ils peuvent poser des questions.

Co-développer du contenu d’apprentissage numérique

Alors que les centres de formation cherchent à mettre à jour leur matériel d’apprentissage pour mieux l’adapter aux plateformes en ligne, les employeurs peuvent s’engager à fournir des exemples pratiques et des études de cas qui illustrent mieux les concepts théoriques clés.

Offrir de nouvelles opportunités aux employé.e.s actuel.le.s

Les employeurs ont souvent du mal à trouver des moyens d’aider leurs employé.e.s actuel.le.s à se perfectionner également. Et un emploi à temps plein n’offre pas beaucoup de flexibilité aux employé.e.s pour participer à des programmes de formation. Grâce à des plateformes en ligne, les employé.e.s peuvent plus facilement accéder à de nouveaux supports d’apprentissage qu’elles/ils pourraient utiliser pour affiner leurs compétences et faire progresser leur carrière.

La formation numérique ouvre de nouvelles possibilités, mais ne peut pas tout faire.

À bien des égards, la crise actuelle nous a obligés, nous et nos partenaires, à faire preuve de plus de créativité dans la manière dont nous pouvons continuer à remplir notre mission, qui est d’améliorer l’accès des jeunes à des possibilités d’emploi de qualité. Bien que bon nombre des adaptations que nous avons réalisées aient été conçues pour aider nos étudiant.e.s à surmonter les difficultés engendrées par les mesures de distanciation sociale, nous constatons déjà que ces nouvelles approches pourraient avoir de nombreux autres avantages qui dépassent largement le contexte actuel.

Cependant, nous constatons également que les solutions numériques ne peuvent pas répondre à tous les besoins de nos étudiant.e.s. Par exemple, certain.e.s étudiant.e.s n’ont pas pu accéder à la technologie nécessaire pour poursuivre leurs études. Bien que nous ayons été en mesure de fournir des tablettes et un accès à Internet à plusieurs étudiant.e.s pour répondre à leurs besoins immédiats, une solution plus durable sera nécessaire à mesure que le besoin de solutions en ligne se fera sentir.

En outre, bien que le passage à la formation en ligne ait ouvert de nouvelles possibilités d’engagement des employeurs, il n’a pas pu remplacer l’une des améliorations les plus importantes que bon nombre de nos partenaires ont apportées à leurs programmes : offrir aux étudiant.e.s une formation pratique par le biais de visites sur place et de stages.

Néanmoins, les solutions numériques ont beaucoup à offrir aux programmes de formation existants et nous nous réjouissons de continuer à soutenir nos partenaires en explorant comment nous pouvons mieux intégrer certaines de ces nouvelles méthodes de travail pour améliorer l’offre de formation, élargir l’accès et améliorer la qualité bien après la fin de cette crise.

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