Dadaab, Kenya, March 2017. Remedial Center Halane Primary School. Class 6. © Lorenzo Moscia #KEEP
Dadaab, Kenya, March 2017. Remedial Center Halane Primary School. Class 6. © Lorenzo Moscia #KEEP

La COVID-19 et l’éducation au Kenya : comment les jeunes veulent que les leaders soutiennent l’éducation des filles

Le 15 mars 2020, le gouvernement du Kenya a fermé les écoles dans tout le pays en réponse à la pandémie de COVID-19. En conséquence, l’éducation de millions d’enfants a été gravement perturbée, laissant des lacunes importantes dans l’apprentissage. Pour les filles, en particulier, le fait d’être non scolarisées pendant une si longue période a également accru leur vulnérabilité aux violences sexuelles et basées sur le genre, aux mariages précoces et aux grossesses non désirées.

Depuis 2017, l’EUMC met en œuvre le Kenya Equity in Education Project (KEEP), en partenariat avec Windle Trust Kenya et avec l’appui financier du Foreign Commonwealth and Development Office du Royaume-Uni par le biais du Girls’ Education Challenge. Le projet KEEP vise à améliorer l’accès à l’éducation et la qualité de celle-ci, en particulier pour les filles, dans les camps de personnes réfugiées de Kakuma et de Dadaab, dans le nord du Kenya, et dans les communautés environnantes. Dans le nord du Kenya, les occasions d’accéder à une éducation de qualité dans les écoles sont limitées et la pandémie de COVID-19 a fait que moins de filles sont scolarisées. Pour relever les défis de la pandémie de COVID-19, l’EUMC a adapté le programme KEEP afin de s’assurer que les filles de ces communautés continuent d’avoir accès à l’apprentissage, par exemple en augmentant les transferts de fonds , en donnant des cours à la radio et en soutenant des groupes de soutien en ligne.

Alors que nous célébrons la Journée internationale de l’éducation, nous nous entretenons avec Falastin, Liem et Mary, trois jeunes femmes de notre projet KEEP, pour en apprendre davantage sur les obstacles qu’elles ont rencontrés pour accéder à l’éducation, en particulier pendant la pandémie de COVID-19, sur la manière dont ces obstacles ont été abordés dans le cadre du projet et sur leurs espoirs pour l’avenir. Elles ont également fait part de leurs messages aux leaders du Kenya et du monde entier pour assurer l’accès à l’éducation pour toutes les filles.

Quels défis avez-vous dû relever pendant la pandémie de COVID-19 ?

Pendant la pandémie de COVID-19, Falastin, Liem et Mary ont dû faire face à un défi commun : le manque d’appareils électroniques pour avoir accès aux plateformes d’apprentissage en ligne. Avec la fermeture des écoles, elles n’ont pas non plus pu rencontrer leurs enseignant.e.s et d’autres élèves pour poser des questions à propos de leurs cours. Mary a déclaré qu’un autre défi lié à la pandémie était qu’elle passait plus de temps à faire des tâches ménagères au lieu de se concentrer sur ses études.

« En raison des rôles liés au genre dans ma communauté, beaucoup de tâches ménagères me revenaient en tant que seule fille de la maison, ce qui ne me laissait pas suffisamment de temps pour mes études personnelles par rapport à mes frères. » — Mary, 18 ans.

Comment ces défis ont-ils été traités dans le cadre du projet KEEP ?

Falastin a expliqué que le projet KEEP a fourni des transferts de fonds , ce qui lui a permis d’acheter des articles de base, incluant des masques et des manuels scolaires. Des cours par radio ont été introduits pour les élèves de la communauté. Les enseignant.e.s et les élèves ont également formé un groupe Whatsapp pour partager des leçons sur différents sujets. De plus, des séances de mentorat et de counselling ont été rendues disponibles. Les conseillers de KEEP sensibilisent à l’importance de l’éducation des filles et soutiennent les filles dans leur navigation sur les questions sociales à l’école et dans leur communauté.

Quels sont vos espoirs pour l’avenir et votre message pour les leaders ?

Falastin veut être négociatrice de paix. Elle souhaite apprendre le droit international et la façon dont les pays peuvent gérer les conflits. Elle veut aussi que les leaders éliminent les obstacles à l’éducation des filles et leur donnent l’occasion de poursuivre leurs études.

« Stimuler et créer des occasions telles que des bourses d’études les aidera à les encadrer. Créer plus d’établissements ou [d’occasions de] formation professionnelle, par exemple le design de la mode [pour développer] les compétences de base afin de briser le cycle de la pauvreté. » — Falastin, 17 ans.

Liem espère étudier le droit et devenir avocate. Elle veut aussi devenir membre du Parlement pour participer à l’élaboration de politiques visant à assurer l’accès des filles à l’éducation dans sa communauté.

« Je dois m’assurer que toutes les filles ont accès à une éducation égale sans aucune restriction » – Liem, 23 ans.

Mary espère améliorer la vie des membres de sa famille. Elle souhaite que la perception de l’éducation des filles au sein de sa communauté change, et que les gens partout dans le monde adoptent l’égalité des genres. Voici le message important qu’elle adresse au président à propos de l’éducation.

« Monsieur le Président, j’aimerais que vous offriez davantage de bourses aux étudiantes qui se joignent aux écoles secondaires et aux universités en raison du niveau élevé de pauvreté dans ma communauté, qui empêche la plupart des étudiantes d’avoir accès à l’éducation. Avec plus de bourses d’études dans le pays, plusieurs étudiantes pourront atteindre et réaliser leurs rêves. » — Mary, 18 ans.

L’éducation est un droit fondamental de la personne. Pourtant, pour plusieurs jeunes filles et jeunes femmes réfugiées, il peut être difficile d’avoir accès à l’apprentissage. Nous pouvons changer cela. Cette année, le thème de la Journée internationale de l’éducation est « Changer de cap, transformer l’éducation ». Ensemble, nous pouvons transformer l’éducation afin que toutes les filles comme Falastin, Liem et Mary puissent poursuivre leur apprentissage et contribuer à construire un avenir meilleur.

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