Four Global Priorities

Quatre priorités mondiales pour améliorer l’autonomisation économique des femmes

Réflexions du premier Forum mondial d’étude annuel sur l’autonomisation économique des femmes (AÉF)

Par : Ariane Ryan, conseillère technique pour les économies inclusives, EUMC

J’ai récemment eu le privilège de participer au premier Forum mondial d’étude annuel sur l’autonomisation économique des femmes (AÉF) (site en anglais) en tant que représentante de l’EUMC. L’événement, qui s’est tenu à Bangkok, en Thaïlande, a rassemblé les principaux intervenants du milieu de l’autonomisation économique des femmes venus partager leurs expériences et échanger sur les leçons apprises. Cet événement était organisé par le réseau SEEP (site en anglais), une organisation qui fait la promotion de marchés et de systèmes financiers inclusifs et dont l’EUMC est membre.

Créer des conditions où les femmes sont autonomisées afin d’avoir accès à des possibilités émergentes et des marchés en croissance est une priorité des programmes de l’EUMC. L’analyse de rentabilité le démontre clairement : les compagnies, les pays et l’économie mondiale perdent de l’argent en permettant que l’inégalité des genres prospère. L’analyse morale le démontre : l’égalité des genres est un droit humain et les femmes méritent des chances et des revenus égaux.

Pourtant, il reste beaucoup de chemin à faire pour traduire ces faits en actions. Voici quatre thèmes clés qui sont ressortis du Forum mondial d’étude 2017 sur AÉF qui peuvent aider à tracer la voie.

L’autonomisation économique des femmes ne peut être réalisée en vase clos

Que signifie pour les femmes le fait d’être autonome économiquement ? Ça signifie que les femmes ont besoin d’avoir à la fois accès aux possibilités et le pouvoir de tirer profit de ces possibilités. Le problème de l’accès a toujours été plus facile à comprendre et à combattre. Mais ouvrir les portes à de nouvelles possibilités n’a de sens que si les femmes sont autonomisées pour faire le premier pas.

Il y a de nombreux obstacles qui entravent le pouvoir des femmes, à la fois au sein des économies et des sociétés en général. Entre autres, la pauvreté, les responsabilités ménagères, les perceptions de la famille et de la communauté, la violence basée sur le genre et le contrôle sur les choix de vie. Nous devons nous attaquer à tous ces obstacles si nous voulons arriver à l’autonomisation économique des femmes.

S’attaquer aux normes sociales sous-jacentes

Le sujet des normes est relativement nouveau dans les programmes économiques, mais pas pour l’ensemble du secteur du développement. Les exemples abondent issus d’initiatives de développement dans les secteurs de l’agriculture et des soins de santé, qui visent les normes depuis des décennies par l’entremise de la communication sur les changements de comportement.

Au Forum mondial d’étude sur AÉF, l’EUMC a présenté des exemples et des leçons apprises de notre travail visant à s’attaquer aux normes sociales sous-jacentes, par exemple en santé maternelle, des nouveau-nés et des enfants au Burkina Faso ; en éducation des filles au Kenya ; et en employabilité des femmes au Sri Lanka. Nous avons engagé des discussions avec les participants, particulièrement au sujet des coûts d’implantation d’activités efficaces de modification des normes et du défi d’implanter de tels efforts à grande échelle.

La prestation non rémunérée de soins demeure une question litigieuse partout dans le monde

La valeur annuelle du travail non rémunéré des femmes est estimée à 10 trillions de dollars annuellement. Les femmes contribuent économiquement et socialement de façon significative grâce aux soins qu’elles prodiguent aux enfants, aux personnes âgées et aux personnes handicapées. Pourtant, la mesure de l’impact d’une telle contribution n’a pas encore atteint de consensus.

Le travail auprès d’employeurs du marché du travail formel a mené à des résultats intéressants. Par exemple, l’EUMC travaille actuellement au Guatemala et en Jordanie afin d’encourager des solutions gérées par les employeurs pour l’accès aux services de garde. L’EUMC aide les employeurs et les représentants du gouvernement à comprendre l’immense valeur d’offrir des solutions de services de garde afin d’attirer et de retenir les employées, d’accroître la productivité et d’améliorer la sécurité en milieu de travail.

Par contre, trouver comment s’attaquer à cette question au sein du marché du travail informel demeure un défi. L’EUMC est désireux de mieux comprendre les obstacles et les possibilités de changement, particulièrement dans le contexte de l’Afrique subsaharienne.

Les jeunes femmes font face à des obstacles additionnels pour l’autonomisation économique

Il y a aujourd’hui 1,8 milliard de jeunes dans le monde qui aspirent à un avenir meilleur pour eux-mêmes, leurs familles et leur pays. Pourtant, leurs contributions sont négligées alors qu’ils font face à la marginalisation et à l’exclusion en raison de leur manque perçu d’expérience et de fiabilité.

Les jeunes femmes doivent aussi faire face à un partage injuste des obligations familiales, à des lois et pratiques discriminatoires, à des stéréotypes de genre persistants et à une violence basée sur le genre généralisée. Dans plusieurs pays, la jeunesse se termine par un mariage précoce et forcé ou par une grossesse précoce qui peuvent accroître encore plus leur invisibilité économique et sociale.

Pourtant, à travers le monde, les jeunes femmes démontrent leur capacité à surmonter ces obstacles. Elles font preuve de force et de leadership au sein de leurs maisons, de leurs lieux de travail et de leurs communautés. L’EUMC cherche à encourager plus avant ce leadership et à promouvoir la pleine participation économique, sociale et politique des jeunes femmes.

Ce ne sont là que quelques sujets explorés au premier Forum mondial d’étude annuel sur l’autonomisation économique des femmes (AÉF). L’EUMC était là, en Thaïlande, pour faire avancer la discussion et continuera à être là pour partager et réfléchir sur nos expériences en autonomisation des femmes. Espérons que ce soit là le premier de plusieurs forums puisque ce n’est qu’en apprenant les uns des autres, en collaborant et en innovant constamment que nous pouvons espérer arriver un jour à l’égalité des genres.

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