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Soutenir l’éducation des filles durant les crises en cette Journée mondiale des réfugié-e-s

La crise mondiale des déplacements sans précédent ne fait que s’aggraver

Chaque jour, dans l’actualité, nous entendons parler des histoires tragiques de personnes dont la vie a été bouleversée à jamais en raison des conflits et des crises dans leur pays d’origine. La fréquence de ces nouvelles pourrait nous immuniser à la gravité de la situation. En cette Journée mondiale des réfugié-e-s, les chiffres publiés cette semaine par le HCR nous rappellent l’ampleur de la crise et le fait que ce défi mondial exige une solution globale.

À la fin de l’année 2017, un nombre record de 68,5 millions de personnes avaient été déplacées de force de chez eux (HCR).

On estime que 52 % de ces réfugié-e-s ont moins de 18 ans. Bon nombre de ces jeunes réfugié-e-s luttent pour entrevoir un avenir meilleur, pris au piège dans des camps de réfugié-e-s ou des zones urbaines où leur statut légal est précaire et où elles/ils n’ont pas accès à l’éducation ni à des possibilités emplois.

Les filles ont 2,5 fois plus de risques d’être déscolarisées en période de crise

Bon nombre de jeunes réfugié-e-s n’ont pas accès à l’éducation. Seulement 61 % des enfants réfugié-e-s fréquentent l’école primaire, contre 91 % au niveau mondial. Les barrières sont de plus en plus nombreuses à mesure que les enfants grandissent : seulement 1 % des jeunes réfugié-e-s ont accès à l’éducation postsecondaire, contre à 36 % à l’échelle mondiale.

Les filles font face à des obstacles supplémentaires en matière d’éducation. Elles assument souvent une charge inéquitable des responsabilités ménagères, qui peut s’alourdir en raison des déplacements, lorsque les familles sont séparées. Elles sont également confrontées à la violence sexiste à la maison, à l’école et dans leur communauté. À cause de cette double discrimination, les filles ont 2,5 fois plus de risques d’être déscolarisées en période de crise.

L’éducation des filles est la clé d’un avenir meilleur

L’éducation aide les filles à développer leurs compétences en lecture, en écriture, en calcul, à acquérir d’autres compétences essentielles et à prendre confiance en elles afin de concrétiser leurs aspirations et de défendre leurs droits. C’est le meilleur outil dont elles disposent pour créer un avenir meilleur pour elles-mêmes, leur famille et leur communauté. Les études montrent que pour chaque année supplémentaire passée à l’école à l’école, le revenu des filles augmente de 10 à 20 % (Unicef – en anglais seulement).

Dans les contextes de réfugié-e-s, l’éducation des filles jette également les bases d’un avenir pacifique et prospère. Lorsque les femmes sont impliquées dans les processus de paix, la probabilité d’un accord d’au moins 15 ans augmente de 35 % (ONU Femmes). L’éducation est essentielle pour préparer tous les jeunes réfugié-e-s à s’engager dans les processus de consolidation de la paix, une fois qu’elles/ils sont en mesure de retourner dans leur pays d’origine.

L’EUMC travaille avec plus de 20 000 filles en Afrique de l’Est pour qu’elles accèdent à l’éducation qu’elles méritent

Au Kenya, nous soutenons plus de 20 000 filles marginalisées, qu’elles soient réfugiées ou vivant dans les communautés d’accueil, pour qu’elles puissent accéder à l’éducation. Nos initiatives contribuent à ce que les filles restent inscrites à l’école, s’assurent qu’elles apprennent pendant qu’elles y sont, et mobilisent le soutien de leurs communautés pour encourager leur scolarisation.

Après cinq années de mise en œuvre, nous observons déjà de nombreux de changements positifs. Par exemple, plus de familles croient maintenant que l’éducation aide les filles à améliorer leur vie. Un récent sondage a révélé que seulement 2 % du personnel soignant dans nos régions cibles estimaient qu’il était « inhabituel » pour les gens de leur communauté d’envoyer les filles à l’école.

Cependant, il existe encore des normes sociales enracinées qui empêchent les filles de réussir dans leur parcours scolaire. Près de la moitié du personnel soignant estime qu’il est acceptable qu’une fille ne soit pas scolarisée si elle se marie, est déjà mariée ou a un enfant. Bien qu’il reste encore beaucoup à faire, nous prévoyons que des changements plus positifs pourront être perçus à mesure que nous mobiliserons les membres de la communauté à travers des émissions de radio et des événements communautaires sur ces questions spécifiques.

Nous avons également observé un autre changement positif au cours des cinq dernières années. La majorité des filles de notre cohorte progressent avec succès à l’école : 82 % sont passées au niveau scolaire suivant. Nous constatons les retombées positives de cette réalisation grâce à notre Programme d’étudiantes et d’étudiants réfugiés, qui offre des possibilités de réinstallation et d’éducation postsecondaire aux jeunes réfugié-e-s. Lors de notre récente ronde de recrutement au Kenya, nous avons finalement atteint la parité parmi les candidat-e-s. Les jeunes femmes représentent 53 % du nombre total de candidat-e-s qui ont atteint le stade de l’entrevue.

Ensemble, en cette Journée mondiale des réfugié-e-s, faisons plus pour l’éducation des filles réfugiées

Les sept plus grandes puissances économiques du monde ont récemment annoncé un engagement financier de 3,8 milliards de dollars au Sommet du G7 à Charlevoix, au Québec, pour l’éducation et l’autonomisation les filles dans les pays en développement. Cet engagement contribuera à répondre au besoin d’aide urgente et mondiale pour aider les 130 millions de filles déscolarisées à reprendre le chemin de l’école et de l’apprentissage.

En cette journée mondiale des réfugiés et chaque jour, l’EUMC continue de travailler pour créer des milieux sécuritaires et favorables à l’éducation des filles réfugiées, des milieux qui les aident à poursuivre leurs rêves et à atteindre leur plein potentiel.

Vous pouvez vous impliquer en sensibilisant votre entourage à l’importance de l’éducation des filles et en faisant un don pour soutenir le travail de l’EUMC à travers le monde.

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