Leah Katerberg

Une nation multicolore

Une collection d’œuvres d’art et d’histoires par les jeunes du Sri Lanka

Pour les jeunes qui ont grandi au Sri Lanka, des années de conflit ont réduit les possibilités d’interagir avec des personnes de différentes régions ou de différentes religions. À travers notre travail partout au pays, nous voyons les obstacles que ces lacunes dans la compréhension interculturelle ont créés. C’est pourquoi la paix et la réconciliation ont été un aspect important de notre travail.

Les préjugés envers les autres ont limité les possibilités offertes aux jeunes. Cela a également limité le potentiel de croissance économique future du pays. Aider les jeunes à développer des compétences interculturelles essentielles peut ouvrir plus d’opportunités d’emploi. Cela peut également contribuer à une identité Sri-Lankaise et une compréhension nationale uniformes.

En début de cette année, nous avons accueilli l’exposition d’art «Une nation multicolore» au Sri Lanka. Cette exposition raconte les histoires très diverses de jeunes femmes Sri-Lankaises et jeunes hommes Sri-Lankais. Elle souligne les traits qui les rendent uniques, ainsi que ceux qui les rapprochent.

Beaucoup de ces jeunes se comportaient, au départ, comme des étrangers malgré leurs nombreux points communs. Toutes et tous les jeunes qui participent à nos programmes d’enseignement et de formation techniques et professionnelles (EFTP) ont affronté et surmonté de nombreux défis dans leur vie en raison de la pauvreté, des conflits et des déplacements. Bien que ces jeunes soient un peu hésitant-e-s et incertain-e-s au début, elles et ils ont commencé à s’ouvrir et même à nouer de nouvelles amitiés.

« J’ai rencontré beaucoup de nouveaux amis. Leur langue est différente de la notre, nous parlons le tamoul et ils parlent en cinghalais, [mais] nous avons eu une discussion et un échange amicaux, ce qui était vraiment bien. » – Kunasekaram Shironiya (étudiant en graphisme, EFTP, Batticaloa)

 

Les participant-e-s au projet artistique posent pour un égoportrait lors du lancement de l’exposition « Une nation multicolore ».

 

Ce projet a initialement été conçu par l’artiste canadien Paul Hogan. Il pensait que l’art pouvait favoriser la collaboration et la compréhension interculturelles, transcendant les barrières géographiques ainsi que celles de la langue. Pour mettre sa vision en lumière, nous avons établi un partenariat avec le ministère sri-lankais du développement des compétences et de la formation professionnelle. Nous avons également impliqué plusieurs artistes sri-lankais-es en cours de route.

Pendant la période précédant l’exposition, des ateliers d’art ont été organisés dans quatre régions du Sri Lanka: Matara, Tissamaharama, Kataragama et Batticaloa. Les œuvres partiellement achevées voyageaient d’une communauté à l’autre. À chaque arrêt, les jeunes se réunissent pour ajouter leur contribution.

Le rassemblement pour l’exposition a permis aux jeunes de s’exprimer de manière créative. Il a également fourni un espace pour davantage de découverte de soi à travers la narration, les rituels méditatifs, et la pratique de l’art.

Dans l’ensemble, ce projet exceptionnel a permis aux jeunes de sortir de leur zone de confort. Elles et ils ont rencontré des personnes avec lesquelles elles et ils n’auraient normalement pas eu l’occasion d’interagir, apprenant à estomper leurs différences à travers l’art. Cela leur a donné l’occasion d’en apprendre davantage sur d’autres jeunes de leur pays. Cela leur a également donné l’occasion d’en apprendre plus sur elles et eux-mêmes.

« Cette activité a créé un espace pour parler avec les autres, quelle que soit leur race, leur langue et leur religion, dans l’unité, la paix et l’harmonie. Je suis très heureuse. » – Fathima Ayisha (étudiante en Multimédia EFTP, Ampara)

 

Les œuvres

« Ballons gonflés par un souffle commun » créés conjointement par les jeunes tamoul-e-s et cinghalais-es, au-delàs de leurs barrières linguistiques. Ces ballons ont été créés en deux étapes. D’abord, des binômes ont travaillé ensemble lors d’ateliers tenus à Kataragama, où l’un-e gonfle le ballon, puis l’autre applique du papier mâché pour en préserver la forme. Dans une deuxième étape, les ballons ont été emmenés dans un atelier à Batticaloa, où un autre groupe de jeunes, à qui on a expliqué comment les ballons ont été créés, ont entrepris de les peindre et les vernir pour créer l’œuvre finale.

 

Les « Peintures mystères » sont une forme de rituel de guérison qui implique la peinture et la méditation, donnant forme à l’énergie inconsciente qui dirige nos vies. Les peintures mystères impliquent trois étapes, faites individuellement par les jeunes dans le but de les aider à se découvrir et à guérir. La première étape, appelée première impression, implique une concentration profonde. Les yeux fermés, les jeunes dessinent des lignes fluides sur une toile carrée au stylo noir. La deuxième étape, appelée la deuxième impression implique la divination – effaçant certaines des lignes d’ébauche pour trouver «l’image» qui se cache dans ses lignes. Enfin, la troisième étape consiste à choisir et créer des couleurs et à peindre les figures qui sont apparues dans l’image.

 

Les « Casse-têtes de la paix » était également un projet collaboratif. Ces œuvres ont utilisé certaines des peintures mystères pour permettre aux jeunes de travailler ensemble et de créer une plus grande œuvre d’art. Les jeunes des ateliers de Matara et de Tissamaharama devaient d’abord choisir 12 « secondes impressions » parmis les Peintures mystères. Ces 12 pièces ont ensuite été copiées, agrandies et montées sur de grands cadres à 12 carreaux pour former une fresque de casse-tête. Ensuite, les jeunes travaillent ensemble pour réorganiser les 12 carreaux, créant ainsi une longue histoire à partir des 12 œuvres initiales.

 

La dernière forme d’œuvres partagées à l’exposition était le masque, qui permettait aux étudiant-e-s des communautés cinghalaise, tamoule et musulmane de travailler ensemble à la peinture et au vernissage des masques. Ces masques ont été fabriqués dans des ateliers à Kataragama et Batticaloa où les jeunes pouvaient peindre les masques dans n’importe quelle couleur ou motif qu’elles et ils souhaitaient. Les masques étaient des représentations artistiques des nombreuses couleurs qui composent leur nation.

 

« Je ne quitte jamais mon village. C’est la première fois que je viens à Batticaloa et la première fois que je peux discuter et chanter avec des ami-e-s tamoul-e-s. Je ne sais pas quand sera la prochaine fois que j’en aurai l’occasion. Je suis si heureux d’être avec eux. » – Deekshan Amantha (étudiant en menuiserie EFTP, Ampara)

 

Pour visionner les vidéos produites sur l’évènement, y compris des images de quelques-uns des ateliers pour les jeunes, visitez les liens suivants :

Une nation multicolore  – https://www.youtube.com/watch?v=ymcq_KeZ-Ew&feature=youtu.be

Peintures mystères – https://www.youtube.com/watch?v=hGvZ8QYpY0I&t=46s

Casse-têtes de la paix – https://www.youtube.com/watch?v=aLqHh6OvsMk

Les ateliers pour les jeunes qui ont précédé cette exposition ont été parrainés par le projet de l’EUMC sur le développement des compétences des jeunes au Sri Lanka, qui vise à aider les jeunes marginalisés à obtenir une formation et un emploi et promouvoir la paix et la réconciliation dans le pays. Pour plus d’informations sur le travail de l’EUMC au Sri Lanka, veuillez visiter: https://wusc.ca/initiatives/asset/

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