IMG_9805

Ondes de changement : l’emploi des femmes dans le secteur de la construction au Ghana

Gladys Perpetual Awudi, welding instructor at Tema Technical Institute

Gladys Perpetual Awudi, professeure de soudage à l’institut technique de Tema au Ghana

 

Le bruit intense de la construction résonne dans les rues d’Accra.

La région de la capitale Ghanéenne compte plus de quatre millions d’habitant-e-s, et ce nombre ne cesse de croître. Chaque jour, de nouvelles personnes affluent dans la ville, bon nombre d’entre elles à la recherche de meilleures perspectives.

Dans ce contexte, la construction résidentielle est en plein essor. Le travail ne manque pas, car les entreprises de la construction s’efforcent de répondre à la demande d’une population grandissante. La Banque mondiale estime que le secteur de la construction ghanéen aura besoin de 250 000 travailleuses et travailleurs qualifié-e-s supplémentaires d’ici 2020.

Cette occasion opportune pourrait bénéficier à bon nombre de Ghanéen-ne-s, mais beaucoup n’en profiteront pas si nous n’agissons pas maintenant; les femmes ne représentent que 3 % de la main-d’œuvre dans le secteur de la construction.

La radio a la capacité d’établir le dialogue entre différents protagonistes et ses ondes peuvent atteindre des millions de personnes pour déconstruire les stéréotypes qui empêchent les femmes de réaliser leurs ambitions. C’est le cas de l’émission Kyere W’adwene (Exprimez-vous).

Déconstruire les stéréotypes liés aux genres par le biais de la radio

Les stéréotypes liés aux genres ont alimenté la croyance que le travail dans le secteur de la construction est un travail d’hommes. Parmi le peu de femmes travaillant dans le secteur, nombreuses sont celles qui déclarent être victimes de harcèlement sexuel et de discrimination fondée sur le genre dans leur travail.

Pour que les perceptions changent et que les stéréotypes soient déconstruits, il faut pouvoir en parler ouvertement. L’EUMC s’est associée au CECI et à Radios rurales internationales dans le cadre du programme Uniterra pour lancer une nouvelle émission de radio, Kyere W’adwene.

L’émission offre aux femmes une plateforme pour parler librement de leurs expériences de travail dans le secteur de la construction. Elles y évoquent les défis auxquels elles sont confrontées, ainsi que les possibilités qui s’offrent à elles, notamment en termes de formation. En participant à l’émission, elles espèrent encourager d’autres jeunes femmes à s’engager.

« Il y avait 36 hommes dans ma classe et j’étais la seule femme. C’était parfois difficile, mais mes professeur-e-s m’ont toujours soutenue », a expliqué Gladys Perpetual Awudi, désormais professeure de soudage à l’Institut technique de Tema.

Lorsqu’elle voit l’impact positif que sa carrière a eu sur sa vie, Gladys se réjouit d’avoir poursuivi ses études. « Maintenant, je suis capable de faire quelque chose qui me passionne. Travailler dans le secteur de la construction permet à une jeune femme de développer sa confiance en elle, de savoir qu’elle est capable de faire les choses par elle-même et de se prendre en charge. »

Le jugement des membres de la famille et de la communauté est un obstacle courant auquel les femmes sont confrontées. Gladys fait remarquer que le fait de rester forte malgré tout est primordial pour surmonter ce jugement. « Certaines personnes sont confrontées à l’opposition de leur famille qui ne croit pas que les filles sont capables de faire ces choses, et craignent que tout le monde parle de leur fille. On m’a taquinée au début, alors il faut savoir garder sa force d’esprit. »

L’émergence d’un changement

L’émission a démontré une capacité à rassembler, même si certaines questions ont suscité des débats. Les échanges permettent à l’auditoire d’entendre d’autres points de vue auxquels il n’avait peut-être pas été exposé par le passé. Un sondage a révélé qu’environ 80 % des auditrices et auditeurs ont indiqué un changement positif dans leur perception des femmes dans le milieu de la construction.

 

En offrant plus d’information sur le processus et les possibilités de formation, les femmes se sentent mieux informées et prêtes à débuter leurs études. Un établissement de formation a signalé que le taux d’inscription des femmes est passé de 10 % à 40 % depuis le lancement de l’émission de radio.

L’impact d’une initiative comme Kyere W’adwene a le potentiel d’atteindre beaucoup de personnes. Elle aide les jeunes femmes à mieux préparer leur future carrière, tout en aidant leurs familles à comprendre les avantages d’un emploi dans le secteur de la construction.

L’EUMC s’efforce de créer des environnements plus inclusifs et plus sûrs pour les jeunes et les femmes à travers le monde. Mais ces initiatives ne sont possibles que grâce à la générosité de nos supporters.

Donnez pour aider les filles et les jeunes femmes à réaliser leurs rêves en leur donnant les outils dont elles ont besoin pour réussir.

Favicon

Abonnez-vous à notre infolettre