Fourteen-year-old Congolese student, Joceline, carries her French and Kirundi language books to class at Hope Secondary School in Nyarugusu refugee camp, Tanzania ; Nyarugusu refugee camp, created in 1996 and situated in Tanzania’s western province of Kigoma, hosts around 150,000 refugees. Originally accommodating Congolese refugees fleeing civil war, the camp now also hosts some 65,000 Burundians who have fled political unrest. A massive funding shortfall means that, in western Tanzania’s refugee camps – including nearby Nduta and Mtendeli – UNHCR has not been able to construct the required number of classrooms at the camps’ schools. With just 193 classrooms for 9,650 children, over 70 per cent of students study outdoors. Around 625 additional classrooms are needed, at a cost of $12,000 each. Additional costs for teacher salaries and exams, and desperately needed funding for shelter and other basic needs mean living conditions are tough. Funding for Congolese and Burundian refugees are raised separately. UNHCR’s appeal for $217 million to assist Burundian refugees in Tanzania is grossly underfunded, with just 7 per cent of funding received (as of November 2017.)

Faciliter le changement par l’éducation pour les filles réfugiées en Tanzanie

Joceline, une étudiante congolaise de quatorze ans, apporte ses livres en français et en kirundi pour aller à l’école secondaire Hope, dans le camp de réfugié-e-s de Nyarugusu, en Tanzanie

Dans le camp de réfugié-e-s de Nduta, dans le nord-ouest de la Tanzanie, 93 % des filles en âge d’aller à l’école secondaire ne sont pas scolarisées

Depuis deux ans, près de 400 000 personnes ont fui le Burundi à cause des troubles politiques et de l’insécurité alimentaire extrême et ont demandé l’asile dans le nord-ouest de la Tanzanie (UNHCR). En raison de cet afflux soudain et massif, il est difficile pour l’UNHCR et les autres organisations de la société civile de répondre aux besoins de base de la population, particulièrement en ce qui concerne les services éducatifs.

En conséquence, le taux de fréquentation scolaire des filles et des jeunes femmes est dangereusement bas. Dans le camp de Nduta, seulement 7 % des filles en âge d’aller à l’école secondaire y étaient inscrites en 2016. Plus ces filles et ces jeunes femmes restent longtemps excluent des salles de classe, plus elles risquent de rater des opportunités cruciales d’améliorer leur qualité de vie.

La crise prolongée des déplacements compromet l’accès des enfants et des jeunes à l’éducation

Alors que l’interminable crise des déplacements se généralise, il importe plus que jamais d’établir un pont entre l’aide humanitaire vitale et le développement durable, qui est lui transformateur. La durée moyenne des grandes crises de déplacements et de personnes réfugiées est passée de neuf ans en 1993 à 26 ans à la fin de 2015 (UNHCR). L’éducation peut combler cet écart tout en donnant aux jeunes personnes déracinées et à leur famille l’espoir d’un avenir meilleur.

Aujourd’hui, bon nombre d’enfants naissent et grandissent dans des camps de réfugié-e-s. Cependant, seulement 61 % d’entre elles/eux vont à l’école primaire, contre à 91 % à l’échelle mondiale. La fréquentation scolaire diminue à mesure que les enfants réfugié-e-s grandissent : seulement 23 % des jeunes réfugié-e-s sont inscrits à l’école secondaire, alors que le taux mondial est de 84 %.

Pour tous les enfants réfugié-e-s, l’accès à l’éducation est semé d’obstacles. Les classes sont surpeuplées, il manque de personnel enseignant qualifié et de matériel pour l’enseignement et l’apprentissage, les compétences et les connaissances sont lacunaires, et le statut de réfugié est une source de discrimination.

Le monde risque de perdre le potentiel de millions de jeunes réfugié-e-s, en particulier des filles

Les obstacles à l’éducation sont encore plus grands pour les filles réfugiées. Celles-ci sont souvent victimes de violence sexuelle ou fondée sur le genre, de mariages précoces et forcés et de grossesses précoces. De plus, les filles supportent souvent une part inéquitable du fardeau des tâches ménagères, qui empire lorsque les déplacements séparent les familles. Cette double discrimination fait que les filles ont 2,5 fois plus de risques que la moyenne d’être déscolarisées en temps de crise.

Le monde risque de perdre le potentiel de millions de filles réfugiées, forcées de quitter l’école sans avoir acquis de compétences fondamentales en lecture ou en calcul. Nous devons agir dès maintenant pour améliorer l’accès des filles à une éducation de qualité, car l’éducation est leur meilleur outil possible pour bâtir un avenir meilleur pour elles-mêmes, leur famille et leur communauté. Des recherches démontrent que l’éducation réduit le risque de mariage forcé, de grossesse précoce et de traite de personnes, des menaces bien réelles dans le contexte des personnes réfugiées.

Dans ce même contexte, l’éducation des filles jette également les bases d’un avenir paisible et prospère. Lorsque les femmes sont incluses dans les processus de paix, la probabilité qu’une entente dure plus de 15 ans augmente de 35 %. L’éducation est essentielle pour préparer tous et toutes les jeunes réfugié-e-s à participer aux processus de consolidation de la paix lors de leur retour dans leur pays d’origine.

L’EUMC met en œuvre des solutions innovatrices pour faciliter l’accès à l’éducation des filles réfugiées en Tanzanie

L’EUMC soutien l’éducation des filles depuis plus de vingt ans et l’éducation des personnes réfugiées depuis dix ans. Grâce à nos réussites dans les camps de réfugié-e-s du Kenya, où notre programme de rattrapage scolaire profite maintenant à plus de 7 500 filles réfugiées, l’EUMC a reçu des fonds pour mettre à l’essai ce programme, adapté au contexte de la Tanzanie, où nous travaillons depuis 2015.

Par l’entreprise du projet Encourager l’accès à l’éducation et à un meilleur environnement pour l’apprentissage (ENABLE) et en collaboration avec le camp de réfugié-e-s de Nduta, nous aiderons directement 350 jeunes mères et filles marginalisées et vulnérables à renouer avec l’éducation formelle. Nous mettrons en œuvre le Programme d’éducation de rattrapage, un projet innovateur qui allie le soutien à l’éducation, l’entraide entre les élèves et les aptitudes à la vie quotidienne dans des espaces sûrs, réservés aux filles. Nous les aiderons à enrichir leurs compétences en lecture et en calcul, ainsi que leurs aptitudes à la vie quotidienne, tout en renforçant leur confiance en elles-mêmes et en leur capacité à réaliser leurs rêves et défendre leurs droits.

ENABLE est une initiative d’un an (de janvier à décembre 2019) mise en œuvre en partenariat avec l’antenne tanzanienne de Caritas Kigoma et financée par la Fondation 60 millions de filles.

Comme les obstacles à l’éducation sont de plus en plus insurmontables à mesure que les jeunes réfugiés grandissent, l’EUMC a l’intention de se servir du projet ENABLE pour élargir les perspectives d’éducation offertes aux filles réfugiées en Tanzanie. Nous avons récemment amorcé des activités de recrutement pour notre Programme d’étudiantes et d’étudiants réfugiés dans ce pays afin d’offrir aux jeunes réfugié-e-s de nouvelles occasions d’effectuer leurs études postsecondaires au Canada.

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